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Coronavirus: vers un marché automobile en chute de 20% en France

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Image d'illustration - AFP

Les professionnels saluent les mesures de soutien prises par le gouvernement et demandent une réflexion autour d’un plan de relance face à un marché français attendu à -20% au premier semestre.

Une baisse de 75% des commandes dans les six prochaines semaines, une chute de 20% du marché automobile au premier semestre, voilà les chiffres avancés par les professionnels du secteur lors de la réunion qui s’est tenue au ministère de l’Economie à Paris mardi. Sur l'ensemble de l'année 2020, le marché automobile pourrait reculer de 10%, soit 220.000 véhicules de moins si l'on prend les immatriculations totales en 2019, à plus de 2,2 millions de voitures.

Le confinement de la population depuis le 17 mars, la fermeture des concessions depuis le début de semaine et plus largement l’impact négatif de l’épidémie sur la consommation laissent présager une année très difficile pour le secteur. La baisse des ventes en février en Europe n’en est que l’un des premiers signes.

Cinq milliards d’euros de cash qui manqueront à l'appel

Face à cette situation, les représentants de la Plateforme de la Filière Automobile (PFA), l’organisme qui regroupe l’ensemble du secteur des constructeurs aux équipementiers, ont discuté des modalités concrètes pour soutenir les entreprises, notamment les plus fragiles.

"Il y a deux volets, nous explique Marc Mortureux, le directeur général de la PFA. Nous évaluons au sein de la filière les conséquences de cette crise, la fermeture de certains sites. Nous estimons que cinq milliards d’euros de cash ne rentreront pas dans les deux prochains mois. Il faut donc protéger la trésorerie des entreprises, pour pouvoir redémarrer ensuite. Nous regardons aussi concrètement comment mettre en place sur le terrain les mesures prises par le gouvernement".

Pour une prime à la casse?

Si la gestion immédiate de la crise reste pour le moment la priorité, la PFA esquisse déjà l’après. "Il est indispensable, au-delà des mesures d’urgence, d’anticiper un plan de relance pour la sortie de crise", peut-on lire dans le communiqué. A côté de questions comme celle de la compétitivité des sites français, la PFA demande également à relancer la demande. Sans pour autant avancer clairement l’idée d’un dispositif de prime à la casse comme en 2008.

"Il faudra prendre les bonnes mesures pour restituer la demande, poursuit Marc Mortureux. Le dispositif de la prime à la conversion existe, on peut jouer sur les aides à l’achat de véhicules électriques notamment pour les entreprises".

Ce point est crucial car en 2020, les constructeurs doivent vendre de plus en plus de véhicules électriques et hybrides pour respecter les nouvelles normes de limitation du CO2 en Europe. Sous peine de fortes amendes. Or, avec une baisse de 75% des commandes annoncées pour les six prochaines semaines, respecter ces normes s’annoncent particulièrement difficile.

Pauline Ducamp