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Coronavirus: les ventes de voitures en chute libre en Europe

Après l’Italie et l’Espagne, la France se met aussi à l’arrêt. Les concessions sont fermées depuis hier et les premiers chiffres au niveau européen laissent présager un effondrement des immatriculations de voitures neuves.

Après l’Italie et l’Espagne, la France se met aussi à l’arrêt. Les concessions sont fermées depuis hier et les premiers chiffres au niveau européen laissent présager un effondrement des immatriculations de voitures neuves. - AFP

Après l’Italie et l’Espagne, la France se met aussi à l’arrêt. Les concessions sont fermées depuis hier et les premiers chiffres au niveau européen laissent présager un effondrement des immatriculations de voitures neuves.

Une baisse de 90%, c’est ce qu’a enregistré le marché automobile italien vendredi 13 mars, selon des chiffres publiés sur le site spécialisé Automotive News Europe. Seules 500 voitures ont été immatriculées dans toute la péninsule ce vendredi là, soit à peine 10% de ce qui avait été mis sur la route lors de la journée du 14 février un mois plus tôt.

Ce bilan catastrophique fait suite au confinement total depuis deux semaines du pays suite à l’épidémie de coronavirus. Sur cette période, les immatriculations de voitures neuves ont baissé de 50%, précise Automotive News Europe. Ces chiffres sont dans la ligne de ceux qu’a connu le marché chinois le mois dernier. Les ventes de voitures neuves s’y étaient effondrées de 80%. Avec une fermeture des concessions annoncée jusqu’au 15 avril, le marché français risque lui aussi de plonger dans les semaines à venir.

Dans l'Oise, les immatriculations ont reculé de 36% en février

"Les ventes qui ne sont pas réalisées d’ici la fin du mois, elles ne se retrouveront pas en avril, nous explique un connaisseur du secteur. Les usines sont également en train de s’arrêter, les véhicules qui ont donc été commandés, mais pas encore fabriqués, ne le seront pas tout de suite".

Et surtout la crise économique qui se profile risque aussi de différer le renouvellement des flottes des entreprises.

Dans l’Oise, l’un des premiers départements touchés par l’épidémie, les estimations communiquées il y a quelques semaines donnaient une chute de 20 à 30% des ventes de voitures neuves. Le département n’était cependant pas encore totalement confiné, ni le reste du pays.

"Parce qu'ils ne sont pas vitaux et représentent de gros budgets, les achats de voitures sont souvent les premiers auxquels le consommateur renonce en période d'incertitude", expliquait le mois dernier Flavien Neuvy, président de l’Observatoire Cetelem de l’Automobile.

Selon les chiffres que nous a fournis le spécialiste de la data augmentée AAA Data, les immatriculations en février ont bien reculé dans l’Oise: -36%. Les ventes aux particuliers ont plongé de 25%. Celles des loueurs courte durée très présent dans le département aussi, avec un recul de 39%. Dans le Bas-Rhin, l’un des départements aussi très touché par l’épidémie, le recul était toutefois moins significatif. 

Comment soutenir financièrement les concessionnaires

"C'est un effet domino catastrophique, résume dans Les Echos un expert. La situation est particulièrement préjudiciable pour les marques qui étaient en train de lancer des nouveaux modèles. Leur dynamique commerciale est cassée". 

Il est encore bien trop tôt pour évoquer un plan de relance des ventes, nous expliquent les professionnels. Tous misent sur les mesures de soutien économiques annoncées ce lundi par le gouvernement et le président de la République en France, mais aussi dans d’autres pays européens. 

"Les fermetures auront un gros impact sur la profitabilité de nos membres, mais avant tout, ils doivent respecter les mesures prises par leur gouvernement, précise Bernard lycke, le président de la fédération européenne des distributeurs, la Cecra. C’est un défi très important pour nous car nous représentons des entreprises indépendantes".
Pauline Ducamp