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Coronavirus: les oeufs dévalisés à leur tour dans les grandes surfaces

Les Français se ruent sur les oeufs

Les Français se ruent sur les oeufs - Anthony Wallace - AFP

Ces derniers jours, plusieurs magasins ont vu leurs rayons "oeufs" se vider rapidement alors que les Français se ruent sur ce produit économique qui a l'avantage de se conserver longtemps. Mais les acteurs de la filière écartent pour l'heure tout risque de pénurie.

En cette période de confinement, les Français font des provisions. Après la ruée sur les pâtes et le papier hygiénique, voilà que les rayons réservés aux oeufs sont à leur tour dévalisés, rapporte Le Parisien

Le patron de Système U, Dominique Schelcher, a lui même fait part d'un risque de rupture de la chaîne d'approvisionnement ce mardi: "Les points de difficulté sont les pâtes, c'est vrai, car elles sont extrêmement demandées, mais ce matin, il y a (aussi) une certaine tension sur les œufs", a-t-il déclaré. 

Sur les réseaux sociaux, nombreux sont les internautes à l’avoir constaté en magasin. "Effectivement, il y a une forte demande depuis une dizaine de jours. (…) On n’était pas vraiment habitués à avoir autant d’activité de façon soudaine", confirme à BFM Eco Maxime Chaumet, secrétaire général du CNPO (Comité national pour la promotion de l’oeuf), organisation qui regroupe les différents acteurs de la filière. 

Les centres d’emballage rapportent ainsi une hausse des commandes de la grande distribution comprise entre "30 et 60%" affirme-t-il. Au point que certains ont pu se retrouver "en saturation". 

De son côté, le groupe agro-industriel Avril observe depuis l'intervention d'Emmanuel Macron le 12 mars "une hausse d'environ 15%" de son activité de conditionnement d'oeufs coquilles, "liée à la demande plus forte des consommateurs et de (ses) clients distributeurs".

"Pas de pénurie"

Reste qu’il n’y a aucune inquiétude à avoir pour l’heure. S’il y a eu des ruptures en magasin, "il n’y a pas de pénurie, les livraisons sont faites", rassure Maxime Chaumet. "On estime que le marché devrait redevenir plus calme avec une hausse de l'activité plutôt de l'ordre de +20 à 30% dans les prochains jours. (...) Si la situation se poursuit comme cela, il ne devrait pas y avoir de hausse des prix", estime-t-il. "Il n’y a pas de problème de production ni de mise à disposition des oeufs", assure également la Fédération du Commerce et de la Distribution. 

Le groupe Avril affirme quant à lui que ses "équipes et toute la filière sont pleinement mobilisées" pour répondre à la hausse de la demande. "Les poules continuent de pondre avec la même régularité (1 œuf par jour en moyenne), et nous n’avons aucune situation de rupture de stock d’œufs", précise l'entreprise.

Mais tout dépend aussi de l'impact de la crise sanitaire actuelle sur l'ensemble de la filière dans les prochaine semaines. "Il faut voir comment on va fonctionner dans les semaines à venir. Pour l’instant, le taux d’absentéisme est relativement faible dans les entreprises agroalimentaires. Si demain, plus de salariés arrêtent de travailler parce qu’ils sont malades ou parce qu’ils ont peur, il pourrait y avoir des problématiques dans certaines entreprises", indique Maxime Chaumet.

Produit économique

Plusieurs raisons expliquent la ruée sur les oeufs. D’abord, "c’est la protéine animale la moins chère" et "elle peut se conserver longtemps", souligne Maxime Chaumet qui pointe également un "report de l’activité de la consommation qui se faisait hors domicile vers le domicile" en raison du confinement de la population.

Ce qui signifie que si l’activité des entreprises qui gèrent la distribution des grandes surfaces se porte bien, la situation est beaucoup plus délicate pour celles chargées de la distribution des restaurants et cantines ayant été contraints de fermer. 

La période de confinement peut enfin inciter les Français à cuisiner davantage. "Les consommateurs sont nombreux à mettre des œufs dans leur panier. C’est un aliment qui peut se cuisiner de mille et une façons et un ingrédient très prisé des recettes salées ou sucrées. En cette période de confinement, beaucoup de nos concitoyens ont retrouvé le chemin des fourneaux", souligne le groupe Avril.

Paul Louis