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Ces sacrifices que les salariés et les entreprises vont devoir faire selon Raymond Soubie 

Sur BFM Business, le patron du cabinet de conseil en ressources humaines Alixio et ancien conseiller de Nicolas Sarkozy préconise de mettre en place des "accords de transformation" au sein des entreprises pour leur permettre de sortir de la crise.

Faut-il refonder les règles du "vivre ensemble" dans les entreprises pour consolider leur reprise d'activité? Dans Good Morning Business ce mercredi, Raymond Soubie, patron du cabinet de conseil en ressources humaines Alixio et ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, estime que cette refonte se révèle nécessaire pour éviter l'émergence d'une nouvelle crise au travail.

"Je suis inquiet sur plusieurs sujets. Notamment sur l'emploi", explique le président d'Alixio. Selon lui, au-delà des zones d'ombre en matière de protection sanitaire qui subsistent, notamment pour ceux qui ont été amenés à travailler durant la période de confinement, la baisse de pouvoir d'achat des ménages et la fin du chômage partiel devront inciter les entreprises à "trouver une nouvelle règle du jeu".

Faire des concessions du côté des salariés

"En clair, augmenter leur productivité, augmenter leur compétitivité, repartir sur des bases nouvelles et néanmoins garder leurs salariés avec des sacrifices des deux côtés", précise Raymond Soubie.

Selon lui, il faut que "les entreprises acceptent de ne pas licencier leurs salariés et, qu'en échange, les salariés et leurs organisations représentatives fassent des concessions sur des thèmes comme la durée du travail, les rémunérations, les congés payés et les bonus, etc. Donc d'avoir ce que j'appelle des 'accords de transformation' qui permettent de sortir de la crise - chacun faisant des sacrifices - mais qui permettent de sortir de la crise et d'éviter le chômage".

Réinventer les plans de sauvegarde de l'emploi

Concernant les entreprises qui ont été particulièrement touchées par la crise - celles "qui ont des troubles très graves et qui savent parfaitement qu'elles ne pourront pas repartir dans leur périmètre actuel et avec le nombre d'emplois actuels qu'elles ont", poursuit le patron d'Alixio - ces dernières "vont devoir se séparer d'une partie de leurs salariés et il y a des secteurs entiers qui sont comme cela". 

Et d'ajouter : "Il va y avoir véritablement ce choc et cette hémorragie et pour cela, il faut trouver une solution". Une solution qui pourrait prendre la forme de "nouveaux types d'accords de sécurité pour l'emploi par lesquels, par exemple, une entreprise accorde un congé de reclassement".

Au final, Raymond Soubie estime que deux dispositifs doivent être déployés: ceux que les entreprises peuvent négocier en interne "lorsqu'elles ne vont pas trop mal" et ceux qui concernent des sociétés particulièrement touchées par la crise. Auquel cas, il importe de réinventer des "plans de sauvegarde de l'emploi", conclut-il.

Julie Cohen-Heurton