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Saint-Gobain: acquérir Sika "faisait partie du rêve"

Les produits développés par Sika sont très complémentaires de ceux de Saint-Gobain, assure Pierre-André de Chalendar, PDG du groupe français de matériaux de construction.

Les produits développés par Sika sont très complémentaires de ceux de Saint-Gobain, assure Pierre-André de Chalendar, PDG du groupe français de matériaux de construction. - BFM business

Pierre-André de Chalendar, le PDG du groupe français de matériaux de construction, était l’invité de BFM Business ce 9 décembre. Il est revenu sur les motifs qui l’ont poussé à prendre le contrôle du suisse Sika, et sur l’opposition du conseil d’administration à cette opération.

Sika est une société peu connue en France. Et pourtant, c’est l’une des plus belles marques du secteur de la construction, assure Pierre-André de Chalendar, le PDG du groupe Saint-Gobain qui a annoncé sa prise de contrôle le lundi 8 décembre. "Passez un moment dans Point P et vous trouvez une des plus belles marques du secteur qui propose une série de produits pour l’étanchéité, des joints, des éléments pour insonorisation", détaille le PDG.

Le suisse est en effet spécialisé dans la chimie dédiée à la construction qui est "extrêmement complémentaire de nos produits"ajoute-t-il." Quand vous voulez faire des bétons de différentes qualités, qui prennent vite ou moins vite, Sika c’est le roi de la formulation" assure Pierre-André de Chalendar. Autant d’atouts qui lui font dire qu' "acquérir Sika faisait partie du rêve".

Une prise de contrôle à 2,3 milliards d'euros

Les produits de Sika, qui emploie 16.000 salariés, sont certes positionnés sur des niches, mais celles-ci sont nombreuses et en forte croissance, notamment dans les pays émergents. Des perspectives qui ont conduit le groupe de matériaux français à débourser 2,3 milliards d’euros pour acquérir la holding Schenker Winkler Holding AG, qui détient 16,1% du capital, mais surtout 52,4 des droits de vote de la société helvétique.

Une opération qui n’est pas du goût du conseil d’administration et de la direction de Sika, qui a annoncé lundi matin ne pas soutenir cette offre. Pierre-André de Chalendar s’est dit surpris de cette réaction puisqu’il a été sollicité par les 5 héritiers de cette société familiale: "ils ont décidé de chercher un repreneur doté d’une belle image, avec une solution industrielle et qui est en mesure d’avoir une stratégie de marque qui va permettre de développer Sika." 

"Je n’ai pas d’inquiétude particulière, les choses vont se stabiliser", assure Pierre-André de Chalendar. Il s’est montré tout aussi confiant sur la réaction plutôt négative des marchés, le titre ayant perdu 6% depuis hier. "Les marchés vont comprendre progressivement l’intérêt de ce projet industriel", affirme-t-il.

Saint-Gobain espère finaliser l’opération avant "l’été prochain le temps de faire aboutir différentes procédures et autorisations", explique son PDG. Le groupe table, en outre, sur la création de synergies de 100 millions d'euros par an dès 2017, puis 180 millions d'euros à compter de 2019.

C.C.