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Crédits immobiliers : une baisse jamais vue depuis 1974 !

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Beaucoup moins de crédits immobiliers ont été accordés cette année. La conséquence directe de la hausse des taux et de la frilosité des banques.

Les crédits immobiliers s'effondrent à un niveau jamais observé en France, même lors de la précédente crise immobilière du début des années 90. Au troisième trimestre 2008, le marché des crédits a reculé de 26,3% par rapport à 2007, selon une étude de l'Observatoire Crédit Logement/CSA. Et sur l'ensemble de l'année, l'étude prévoit « une baisse de 20% à 22% des crédits en valeur », une diminution jamais vue depuis le début des statistiques sur ce sujet en 1974.

Comment expliquer cette forte baisse du crédit ? Selon Christophe Cremer, président de Meilleurtaux.com, « c'est d'abord un marché immobilier attentiste avec des taux qui ont fortement monté depuis plus d'un an maintenant. Les particuliers se disent « Je vais peut-être attendre un petit peu de voir où s'oriente le marché », ils pensent que les prix vont arrêter de monter. Donc on savait déjà que le marché de l'immobilier était en fort ralentissement, c'était des chiffres qu'on avait déjà depuis le début de l'année 2008, et à ça s'ajoutent des banques qui sont prises par la crise financière mondiale, qui cherchent à être plus prudentes et qui veulent restreindre l'accès au crédit pour les particuliers les plus fragiles ».

Record de lettres de refus de crédits

Au-delà des chiffres, sur le terrain, les agents immobiliers ressentent le phénomène, comme en témoigne René Pallincourt, le président de la FNAIM (Fédération Nationale des Agents Immobiliers) : « On n'a jamais enregistré autant de lettres de refus de prêts que depuis quelques semaines. Les banques ont durci les conditions d'octroi, les taux ont augmenté. On a des clients qui sont allé voir leur banque pour un prêt et qui se sont vu répondre que ce n'était pas le moment d'acheter, qu'on annonçait des baisses de prix et que peut-être il était souhaitable qu'ils diffèrent leur investissement ».

La contraction du crédit a plusieurs conséquences, comme l'explique Michel Mouillart, professeur d'économie à l'Université de Paris X Nanterre : « Ca a deux conséquences. La première est visible : les ménages s'endettent moins et réalisent moins d'opérations immobilières. La deuxième conséquence, c'est que ça risque de venir durcir la crise du logement. Après, ça vient détruire l'appareil de production des entreprises, parce que les entreprises font faillite, licencient, ne sont plus en mesure de produire du foncier, de produire des logements. Ce qui fait qu'on est alors dans une situation qui modifie complètement la donne : le jour où les marchés repartent, ils ne repartent pas comme ils fonctionnaient avant ».

La rédaction et Aurélia Manoli