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Société Générale en perte au premier trimestre, une première depuis 2012

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- - PIERRE VERDY / AFP

La banque française affiche une perte de 326 millions d'euros au premier trimestre.

Société Générale a annoncé jeudi une perte de 326 millions d'euros, plombée par sa banque de financement et d'investissement, des provisions supplémentaires de plus de 550 millions d'euros pour faire face à la crise du coronavirus et "deux dossiers exceptionnels de fraudes". Il s'agit de la première perte trimestrielle de Société Générale depuis fin 2012. 

La banque française, qui a avancé de six jours la publication de ces résultats, enregistre également une baisse de 16,5% de ses recettes à 5,2 milliards d'euros entre janvier et mars.

Elle indique prévoir une réduction supplémentaire de ses frais en 2020 "de l'ordre de 600 à 700 millions d'euros, net des coûts spécifiques liés au Covid".

Restructuration de la banque de financement et d'investissement

Sur le premier trimestre, la banque de financement et d'investissement (BFI) est la lanterne rouge du groupe français avec une baisse de 27% de son produit net bancaire (PNB), équivalent du chiffre d'affaires, et une perte de 537 millions d'euros contre un bénéfice de 140 millions d'euros un an plus tôt.

Les revenus de la BFI ont particulièrement souffert sur les activités de produits structurés, souligne la banque dans son communiqué. Ceux-ci ont été "durement impactés par la dislocation des marchés action en mars, par l'annulation des paiements de dividende", ce qui a entraîné une perte de 200 millions d'euros, et des défauts de "contrepartie" de l'ordre de 55 millions. 

 Sur ce trimestre, l'augmentation des provisions de la BFI ont plombé ses revenus à hauteur de 175 millions d'euros.

Quid des fraudes ?

En revanche, la banque ne donne pas de détails sur les cas de fraude auxquels elle a été exposé. Toutefois, une source proche du dossier indique que ces cas sont connus du marché, similaires notamment à celui qui semble avoir pesé sur les comptes d'HSBC.

Lors de la présentation de ses résultats mardi, la banque sino-britannique avait évoqué une "charge importante" liée à un client à Singapour. Selon des analystes, il s'agit du géant du courtage de pétrole Hin Leong Trading, soupçonné par les autorités singapouriennes d'avoir dissimulé plus de 800 millions de dollars de pertes sur plusieurs années.

Selon l'agence Bloomberg, ce groupe a aussi vendu des stocks d'hydrocarbures censés servir de garantie à des emprunts bancaires.

La "Générale" se veut toutefois rassurante sur son assise financière, son ratio de fonds propres "durs", qui permet de mesurer sa solidité en cas de turbulences, s'établissant à 12,6% à fin mars, bien au-dessus des exigences réglementaires.

TL avec l'AFP