BFM Business

Quel sera le verdict de la BCE sur la croissance?

La BCE continue de penser que la courbe de la croissance peut s'inverser avant fin 2013.

La BCE continue de penser que la courbe de la croissance peut s'inverser avant fin 2013. - -

L'institution européenne tient, ce jeudi 5 juin, sa conférence mensuelle. Si elle n'a pas touché à ses taux, elle devrait réviser à la baisse ses prévisions de croissance pour la zone euro.

Le grand rendez-vous européen des marchés se tiendra une nouvelle fois du côté de Francfort, ce jeudi 6 juin. La Banque centrale européenne (BCE) va, en effet, se réunir à l'occasion de sa conférence mensuelle de politique monétaire.

Concrètement, l'institution européenne présidée par Mario Draghi, a décidé de ne pas toucher cette fois à ses taux directeurs. Lors de la dernière réunion, en mai, elle avait abaissé son taux de refinancement de 0,75% à 0,50% dans le but de donner un coup de pouce à l'économie de la zone euro, actuellement en berne.

Dans leur grande majorité, les économistes ne s'attendaient, de toute façon pas, à nouveau coup de rabot de la part de la BCE, du moins pour cette conférence. Pour les suivantes, "si l'économie ne s'améliore pas et si l'inflation reste basse trop longtemps(…) une autre baisse de 0,25% du taux de refinancement pourrait être le premier de la BCE", explique ainsi Frédérik Ducrozet, économiste au Crédit Agricole CIB.

Mario Draghi garde espoir

Or, justement, la BCE va, ce jeudi, mettre à jour ses prévisions de croissance et d'inflation pour la zone euro, ses dernières publications datant de mars dernier (lire les chiffres). Sur ce sujet, les économistes s'attendent à un abaissement de la part de l'institution, la Commission européenne, par exemple, l'ayant déjà fait le 3 mai dernier, en tablant sur -0,4% de croissance pour l'union monétaire, contre -0,3% auparavant.

La véritable question, pour les marchés, va être de savoir si la BCE commence à douter de la reprise économique, car les indicateurs sont mauvais. Pour Jennifer McKeown, économiste chez Capital Economics, les récents indices PMI ainsi que la faiblesse de la croissance en zone euro (confirmée à -0,2% pour le premier trimestre, mercredi 5 juin) "ébranle les espoirs de la BCE quant à une reprise de l'économie vers le milieu de l'année".

Jusqu'ici, Mario Draghi a plusieurs fois répété que la reprise en zone euro surviendrait au second semestre 2013. Lors d'une conférence de presse à Shanghaï, lundi 3 juin, il a donné plus de précision: "la situation économique reste difficile dans la zone euro, mais il y a quelques signes d'une possible stabilisation, et notre scénario de base continue à prévoir une reprise très progressive à partir de la fin de l'année".

La France fortement dépendante de la croissance en zone euro

Autrement dit, il va encore falloir prendre son mal en patience. Or, de cette lente reprise dépend l'avenir de la croissance française. Le 15 mai dernier, Pierre Moscovici estimait ainsi que la récession de l'économie hexagonale était "largement due à l'environnement de la zone euro".

Deux jours plus tard il déclarait que la croissance "reviendra dans le courant du deuxième semestre 2013", calquant ses propos sur ceux de Mario Draghi. Sauf qu'entre-temps ce dernier s'est montré un brin plus pessimiste…
>> BFM Business diffusera dès 14h30, en direct, la conférence de Mario Draghi, président de la BCE


A LIRE AUSSI

>> Quand la BCE se met aux jeux vidéos
>> La BCE abaisse finalement son taux directeur

Julien Marion