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Pourquoi Paris a moins de chances que Francfort de profiter du Brexit

Le quartier d'affaires de La Défense à Paris

Le quartier d'affaires de La Défense à Paris - Lionel Bonaventure - AFP

Auditionné par les sénateurs, le patron France de Morgan Stanley, René Proglio, a considéré que la capitale française était avant tout lestée par le poids des "charges sociales patronales" face à la concurrence de Francfort.

Le Brexit a franchi une étape importante mercredi soir. La chambre des Communes a en effet donné son feu vert au texte autorisant la Première ministre Theresa May à lancer la procédure de retrait de l'Union européenne. La chef du gouvernement britannique pourrait ainsi activer le fameux article 50 dès mars prochain.

En attendant, les différentes places financières européennes fourbissent leurs armes pour tenter d'attirer les entreprises qui voudraient quitter le pays de relocaliser leurs effectifs sur le Vieux Continent, étant donné que le Royaume-Uni est désormais sûr de quitter le marché commun. Mardi, le directeur général de Paris Europlace, Arnaud de Bresson, confiait ainsi à BFM Business, que Paris espérait récupérer pas moins de 10.000 emplois.

Le poids des charges patronales

Néanmoins, la concurrence s'annonce rude, notamment avec Francfort. Une récente étude de EY montrait ainsi que l'Allemagne arrivait largement en tête des éventuelles intentions de relocalisations des entreprises (54%), loin devant la France (8%).

Auditionné par les sénateurs mercredi sur le thème de la compétitivité de la place financière parisienne, le patron de Morgan Stanley France, René Proglio a donné quelques détails sur les désavantages de Paris. "Ce qui nous handicape, ce sont les charges sociales. Et je parle là des charges sociales patronales. Car les charges sociales qui pèsent sur les salariés, ce n'est pas ça qui va faire frémir les gens à Wall Street", a-t-il affirmé. "Vous faites l'étalonnage entre Francfort et Paris, vous regardez l'écart et vous comprenez que l'on a un très gros problème", a-t-il insisté.

En revanche, "très franchement quand vous regardez l'Allemagne, le système de licenciement y est pire qu'en France, il est encore plus difficile de licencier", a nuancé celui qui n'est autre que le frère jumeau d'Henri Proglio, l'ex-patron d'EDF. "Il faut faire un effort, c'est une certitude, mais ce n'est pas là que ça blesse".

Julien Marion