BFM Business

Pourquoi la BCE devrait enfin baisser ses taux

La BCE n'a jamais été aussi proche d'une baisse des taux

La BCE n'a jamais été aussi proche d'une baisse des taux - -

La Banque centrale européenne tient, ce jeudi 2 mai, sa réunion de politique monétaire où elle devrait baisser son principal taux directeur à 0,50%. Trois grandes raisons devraient la pousser à agir ainsi.

Ce jeudi 2 mai, les marchés auront une nouvelle fois les yeux rivés sur la réunion de politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE), qui, une fois n'est pas coutume, n'aura pas lieu à Francfort mais à Bratislava, en Slovaquie.

Cette conférence mensuelle devrait marquer un important tournant car, pour la première fois depuis juillet 2012, la BCE devrait modifier son principal taux directeur, en l'abaissant de 0,75% à 0,50%.

C'est en tout cas ce que prévoit la majorité des économistes interrogés par Reuters. "Une baisse de taux de 0,25% ne serait pas la solution aux problèmes de la zone euro mais elle pourrait malgré tout alléger les tensions pesant sur certains pays", estiment les économistes de Natixis.

Trois raisons pourraient pousser la BCE à donner raison aux économistes.

> L'inflation en chute libre

Le mandat de la Banque centrale européenne lui assigne un objectif de 2% d'inflation. Or, la zone euro est pour le moment loin de ce niveau. Les données publiées par Eurostat, mardi 30 avril, ont montré que l'inflation a chuté à 1,2% au mois d'avril, contre 1,7% en mars.

"L'inflation évolue à un niveau inconfortablement bas pour la BCE", explique Frederik Ducrozet, économiste du Crédit Agricole CIB, qui estime que ce faible niveau pourrait avoir des répercussions sur la stabilité des prix, auxquelle la BCE est attachée.

Cette dernière n'a pas caché ses inquiétudes. Une "inflation qui s'écarte à la baisse est toute aussi préoccupante qu'une inflation qui s'écarte à la hausse", déclarait, le 5 avril dernier, Benoît Coeuré, membre du directoire de la Banque centrale européenne (BCE).

> L'économie européenne reste en berne

Ces deux dernières semaines, un nombre impressionnant de mauvais indicateurs économiques se sont succédés. L'activité économique en zone euro, mesurée par l'indice PMI du cabinet Markit est restée à un niveau faible. Le chômage en zone euro a battu, le 30 avril dernier, un nouveau record à 12,1%. Même la locomotive allemande est touchée avec un indice IFO, qui reflète le climat des affaires d'outre-Rhin, dégradé.

Ces indicateurs "risquent de remettre en question l’opinion de la BCE selon laquelle la zone euro pourrait renouer avec la croissance au second semestre. En effet, la récession frappe non seulement les pays de la périphérie, mais aussi les pays du coeur de la zone euro (…)" écrit Clemente de Lucia, économiste chez BNP Paribas. Du coup, "il est de plus en plus probable que la BCE fasse un geste sur ses taux", poursuit-il.

La BCE donnerait alors un coup de pouce à la conjoncture en rendant le loyer de l'argent moins cher pour les banques. Elle favoriserait ainsi une possible hausse du crédit et de l'activité.

> Un gros risque de déception en cas d'inaction

La Banque centrale européenne sait combien les marchés guettent son action. Le problème est que ces derniers misent depuis plus d'une semaine sur une baisse des taux. Mardi 30 avril, le CAC40 a connu sa meilleure séance de l'année (+3,58%). Or, cette performance n'avait pour origine que des spéculations sur l'action de la Banque centrale européenne.

"Si la BCE ne baisse pas ses taux, ou si elle adopte un ton moins accommodant que prévu, la déception et l'impatience des marchés pourraient prendre place", avertit ainsi Frederik Ducrozet.

"Dans la mesure où, lors de sa dernière réunion, la BCE s'est dite prête à agir, cela serait une grande déception si elle n'annonce rien lors de cette réunion", abondent les économistes de Capital Economics.

>> Vous pourrez suivre en direct la conférence de la BCE sur BFM Business et BFMbusiness.com à partir de 14h30.

Julien Marion