BFM Business

Natixis prêt à investir un milliard d'euros pour des acquisitions d'ici 2020

Natixis, qui a réalisé un chiffre d'affaires de 8,7 milliards en 2016, vise une progression de ses recettes de l'ordre de 5% par an.

Natixis, qui a réalisé un chiffre d'affaires de 8,7 milliards en 2016, vise une progression de ses recettes de l'ordre de 5% par an. - Loic Venance - AFP

Natixis a dévoilé son plan stratégique. La filiale du groupe BPCE mise sur les robots, la blockchain, mais compte aussi investir un milliard d'euros d'ici 2020 pour réaliser d'éventuelles acquisitions.

Natixis, filiale cotée du groupe bancaire BPCE, a dévoilé dimanche un nouveau plan stratégique pour l'horizon 2020 mettant l'accent sur le numérique et accordant une large place aux acquisitions pour atteindre un chiffre d'affaires de plus de 10 milliards d'euros. La banque, qui a réalisé un chiffre d'affaires de 8,7 milliards en 2016, vise ainsi une progression de ses recettes de l'ordre de 5% par an, a-t-elle précisé dans un communiqué.

Pour atteindre cet objectif, cette filiale, qui regroupe entre autres les activités de marchés, d'assurance ou encore la gestion d'actifs de BPCE, compte investir 450 millions d'euros dans le numérique et plus particulièrement dans des innovations comme les robots conseillers ou encore la blockchain (la chaîne de blocs), la technologie à la base des nouvelles monnaies virtuelles comme le bitcoin.

Le plan prévoit par ailleurs de mettre l'accent sur l'international pour conquérir de nouveaux clients, tout en renforçant le champ d'expertise de ses activités de cœur de métier, notamment la gestion d'actifs, les fusions-acquisitions et les services de paiement.

Pour ce faire, Natixis est prêt à mettre jusqu'à un milliard d'euros sur la table d'ici 2020 pour réaliser d'éventuelles acquisitions. Outre la progression attendue du chiffre d'affaires, le groupe espère atteindre en 2020 un taux de retour sur fonds propres compris entre 13% et 14,5% tout en promettant de distribuer chaque année au moins 60% de ses bénéfices sous forme de dividendes. Côté solvabilité, les fonds propres "durs", un ratio clé au sein du secteur, devraient osciller autour de 11% à la fin du plan.

Priorité à la création de valeur

Ce nouveau plan est le troisième d'une série lancée à partir de 2009, quand la banque avait traversé une période de fortes secousses provoquée par des investissements risqués dans des titres financiers complexes, très liés au marché américain. Il est présenté quelques jours avant le dévoilement de celui de sa maison mère BPCE.

"Après le plan de redressement et du retour à la confiance et celui de la transformation et du développement, Natixis s'engage dans un plan de création pérenne de valeur", a déclaré Laurent Mignon, directeur général de Natixis, cité dans le communiqué. Dans le détail de ses différents métiers, Natixis prévoit d'étendre ses activités de gestion d'actifs et de fortune via l'élargissement de son réseau de distribution en Europe. Une acquisition récente en Australie doit également lui permettre de progresser dans la zone Asie-Pacifique.

Dans sa division "Banque de grande clientèle", où sont logées entre autres les opérations de marchés, le développement à l'international est aussi de mise, avec les États-Unis et l'Asie en ligne de mire, tout en développant plus fortement certaines activités très rémunératrices comme les produits dérivés. Du côté de l'assurance, l'accent doit être porté sur la numérisation des relations clients et la banque vise un million de polices d'assurances dommages d'ici 2020. En assurance vie, Natixis compte aussi réduire la part de son exposition aux placements en euro - au capital garanti mais moins rémunérateurs dans un contexte de taux bas et plus gourmands en ressources - au profit des unités de compte.

Accélération sur le paiement

Les métiers spécialisés (crédit-bail, crédit à la consommation, etc.) doivent quant à eux faire progresser leurs recettes grâce à des synergies avec les réseaux du groupe BPCE. En parallèle, Natixis entend se positionner plus fortement dans le secteur du paiement et du commerce en ligne, après l'acquisition récente de la fintech Dalenys, qui fournit divers services d'encaissement aux plateformes d'achats sur internet.

Le marché des paiements est en pleine révolution ces dernières années avec l'arrivée sur ce segment des géants américains Google, Apple, Facebook et Amazon, et une kyrielles de jeunes pousses innovantes venus du numérique. Si la concurrence y est forte, ce nouveau marché n'en offre pas moins d'importantes opportunités pour les banques qui sont bien positionnées du fait de leur rôle central et qui ont multiplié les acquisitions ces dernières années.

Cette activité présente par ailleurs l'avantage d'être économe en ressources financières, contrairement à d'autres types d'activités comme les opérations de marché par exemple, ou le crédit pour lesquels la réglementation bancaire a considérablement renforcé, ces dernières années, les obligations en matière de capitaux réglementaires.

P.S. avec AFP