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Marchés : le LSE sort l’artillerie lourde pour racheter Refinitiv

Pour finaliser l'opération, le LSE devra mettre sur la table pas moins de 14,5 milliards de dollars en capital et reprendre la dette de Refinitiv portée à environ 12,5 milliards, pour une valeur totale de 27 milliards de dollars.

Pour finaliser l'opération, le LSE devra mettre sur la table pas moins de 14,5 milliards de dollars en capital et reprendre la dette de Refinitiv portée à environ 12,5 milliards, pour une valeur totale de 27 milliards de dollars. - AFP

Le London Stock Exchange (LSE) vient de confirmer qu’il s’apprêtait à racheter le fournisseur de données financières Refinitiv pour une valeur d'entreprise de 27 milliards de dollars. Une opération d’envergure qu’il a tout intérêt à bien orchestrer.

On savait déjà que le London Stock Exchange (LSE) aspirait à devenir un poids lourd des données boursières pour se positionner comme LE grand rival du géant Bloomberg. On sait désormais que cette volonté de changer de dimension est en passe d’être concrétisée.

Dans un communiqué publié par le groupe boursier britannique ce jeudi 1er août, il a indiqué qu’il s’apprêtait, dans cette optique, à racheter le fournisseur de données financières Refinitiv pour une valeur d'entreprise de 27 milliards de dollars. Le LSE a ainsi expliqué s'être mis d'accord sur cette transaction avec les actionnaires de Refinitiv (à savoir des fonds gérés par Blackstone ainsi que le groupe de médias et services américano-canadien Thomson Reuters). Pour autant avant d’être véritablement opéré, ce rachat doit non seulement encore obtenir un certain nombre de feux verts réglementaires mais également l’accord des actionnaires du London Stock Exchange.

Il faut dire que pour le groupe boursier, l’opération n’est pas d’envergure. Elle est simplement colossale puisque le LSE devra mettre sur la table pas moins de 14,5 milliards de dollars en capital et reprendre la dette de Refinitiv portée à environ 12,5 milliards, pour une valeur totale de 27 milliards de dollars.

En outre, selon le communiqué publié ce jour, les actuels actionnaires de Refinitiv devraient posséder 37% des titres boursiers du futur LSE et un peu moins de 30% des droits de votes au sein du nouveau groupe fusionné.

Devenir leader

En venant chasser sur les terres du tout puissant Bloomberg, le London Stock Exchange pourrait ainsi devenir l’un des principaux spécialistes de l'information financière si ce n’est LE leader en la matière et occuper, à terme, une position dominante dans les salles de marché du monde entier. Basé à New York, Refinitiv, est, de fait, bien connu des acteurs de la finance, notamment pour son terminal baptisé Eikon qui constitue l'un des principaux fournisseurs mondiaux de données pour les professionnels des marchés, avec plus de 40 000 entreprises clientes dans 190 pays.

Reste que cette opération si importante soit-elle n’empêchera pas le groupe britannique d’intervenir en qualité d’opérateur des Bourses de Londres et de Milan, et de s’inscrire comme un acteur incontournable de la compensation avec LCH et des indices de marché avec Russell.

Tourner la page

A l’issue de l’opération, le LSE et Refinitiv disposeront d’un chiffre d'affaires combiné d'environ 6 milliards de dollars. Il est également prévu que le groupe conserve son siège au Royaume-Uni avec pour directeur général, David Schwimmer, l'actuel patron de l'opérateur boursier. Elément non négligeable pour LSE, ce rachat devrait lui permettre de créer des synergies ainsi qu’une réduction de coûts pour le futur groupe de 350 millions de livres (390 millions d'euros) au cours des cinq prochaines années.

Pour David Schwimmer, arrivé au manettes de LSE en 2018, l’enjeu se révèle de taille également puisqu’il s’agit pour lui de faire oublier le retentissant échec de la tentative de fusion opérée en 2017 entre le London Stock Exchange et le groupe boursier allemand Deutsche Börse. Laquelle fusion avait, à l’époque, été bloquée par les régulateurs européens.

Julie COHEN-HEURTON