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Les manipulateurs de changes risquent la prison

Les cambistes qui se sont rendus coupables de manipulation des changes risquent de passer par la case prison.

Les cambistes qui se sont rendus coupables de manipulation des changes risquent de passer par la case prison. - -

Une enquête pénale a été ouverte le 21 juillet en Grande Bretagne dans l'affaire de la manipulation du cours des monnaies. Les responsables risquent désormais la prison. Rappel des faits.

En Grande Bretagne, nouvelle étape dans l'affaire de manipulation du marché des changes. Le "Serious Fraud Office", chargé de lutter contre la grande délinquance financière, a ouvert une enquête pénale le 21 juillet. Plusieurs agents se seraient entendus pour tenter d'influencer les taux.

Citigroup, JP Morgan, UBS, Deutsche Banck ou Barclays, RBS pour ne citer qu'elles, ont déjà suspendu plusieurs de leurs agents de changes. Les enquêteurs soupçonnent un cartel de cambistes.

Justement, "le Cartel", "le club des bandits", "la Mafia", voilà comment certains agents de change auraient intitulé leurs espaces de discussion sur internet. Les opérateurs, à l'abri des forums et des messageries instantanées, se seraient entendus afin d'influencer en leur faveur les taux de référence quotidien.

5.300 milliards de dollars par jour

Des manipulations sur un marché des changes qui représente plus de 5.300 milliards de dollars de transactions par jour!

L'affaire n'est pas sans rappeler les manipulations autour du Libor, le taux interbancaire. Après ce scandale qui a égratigné sérieusement l'image de la City, George Osborne, le ministre britannique des Finances, a renforcé les sanctions, et cette nouvelle affaire pourrait d'ailleurs déboucher sur des peines de prison.

Enfin, en mars, le gouverneur de la banque d'Angleterre Mark Carney lui-même s'est inquiété: "cette affaire pourrait être aussi grave que le Libor, si ce n'est plus".

Jean-Baptiste Huet