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HSBC France va supprimer 235 postes dans sa banque d'investissement

Selon les syndicats, ces suppressions concernent un poste sur trois.

La restructuration de HSBC France prend de l'ampleur. Alors que le groupe britannique planche toujours sur la vente de son réseau de détail depuis plusieurs mois, l'établissement a annoncé ce lundi aux instances représentatives du personnel un plan d'économies prévoyant 235 départs sur 678 postes dans ses activités de banque de financement, d'investissement et de marchés, soit un peu plus d'un poste sur trois.

La direction a présenté lundi aux représentants du personnel un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) qui comprend "une partie de départs volontaires et une partie de licenciements économiques", a déclaré à l'AFP Eric Poyet, de FO HSBC.

"Mais il n'y aura pas assez de volontaires, la pyramide des âges n'est pas favorable aux mesures d'âge", souligne la CFDT, car "ce sont les traders, plutôt jeunes, qui sont principalement concernés". "Il y aura forcément des licenciements à la fin", regrette-t-elle.

Un plan global visant 35.000 suppressions de postes

Cette saignée (que l'on observe dans les activités de marché d'autres banques) s'explique selon les observateurs par la chute des taux d'intérêt, une réglementation accrue et une automatisation des ordres de plus en plus importante.

La direction prévoit également le "transfert de certaines activités de Paris vers Hong Kong, berceau de la banque", à savoir les "produits structurés de taux et d'actions", et elle compte "réduire le nombre de clients qui ne rapportent pas assez et coûtent en capital", ajoute à l'AFP une source CFDT, qui s'inquiète que la perte de nombreux "gros clients" vienne "écorner l'image de HSBC".

Rappelons que HSBC annoncé en début d'année 35.000 suppressions de postes à l'échelle mondiale sur trois ans (sur un effectif de 235.000 salariés). Un plan mis en pause durant la pandémie mais qui se justifie plus que jamais, selon son nouveau directeur général Noel Quinn. Au premier trimestre, son bénéfice net a plongé de 57%.

La Banque Postale intéressée... mais pas par la banque de détail pour les particuliers

Concernant l'activité de détail en France, ce sont entre 2.500 et 5.000 emplois qui seraient menacés. Un temps présentée comme favori, la Banque Postale a finalement choisi de ne pas se lancer.

"Je ne suis pas candidat au rachat du réseau HSBC dans le périmètre qui est en vente aujourd'hui" avait indiqué en mars dernier sur BFM Business Rémy Weber, président du directoire de la filiale de La Poste. "Ce qui intéresse mon groupe, c'est de se développer encore plus rapidement – nous le faisons déjà beaucoup – dans la dimension patrimoniale du particulier (…) et nous voulons aller plus vite sur le marché des entreprises." Et c'est ce dernier point qui est crucial.

En clair, c'est le réseau des clients PME et des ETI qui intéresse particulièrement la Banque Postale. Or, ils ne font pas (encore) partie de l'offre en question. "Nous savons ce par quoi nous sommes intéressés et après la vie verra" glissait alors Rémy Weber. 

Olivier Chicheportiche avec AFP