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Credit Suisse: les bonus des cadres font débat

Crédit Suisse va distribuer plus d'un milliard d'euros à ses cadres.

Crédit Suisse va distribuer plus d'un milliard d'euros à ses cadres. - -

La banque helvétique va distribuer plus d'un milliard d'euros de bonus à ses cadres, mais une bonne partie des actionnaires a voté contre, vendredi 9 mai.

La décision de Credit Suisse d'émettre de nouvelles actions pour les distribuer sous forme de bonus à une partie de ses cadres a été approuvée de justesse par les actionnaires, ce vendredi 9 mai. Un symbole confirmant que les politiques de rémunération des banques suscitent de plus en plus la critique.

Avant le vote, les associations suisses d'actionnaires Actares, Ethos et ZCapital s'étaient prononcées contre le projet, tout comme l'influent cabinet américain de conseil aux investisseurs ISS.

"Les rémunérations chez Credit Suisse sont trop élevées", a ainsi déclaré à Reuters Dominique Biedermann, le directeur d'Ethos. "Il n'y a aucune raison pour que les banques paient leurs cadres deux fois mieux que les grandes entreprises industrielles."

1,12 milliard d'euros pour 503 cadres

Lors de cette assemblée générale annuelle, la résolution sur l'émission de nouvelles actions destinées aux bonus a franchi de justesse le seuil des deux tiers des suffrages nécessaire à son adoption.

Credit Suisse prévoit de distribuer un montant total de 1,36 milliard de francs suisses (1,12 milliard d'euros) à 503 salariés qu'il considère comme indispensable à la bonne gestion des risques au sein du groupe, soit un montant moyen de 2,6 millions de francs par personne. Ce vote n'était que consultatif mais à partir de l'an prochain, le plan de rémunération devra obligatoirement être approuvé par l'AG.

Le numéro deux helvétique du secteur avait déjà augmenté de plus de 25% la rémunération de son directeur général, Brady Dougan, l'an dernier, alors que le groupe n'avait pas atteint tous ses objectifs financiers et qu'il avait dû augmenter les provisions liées aux enquêtes américaines sur des soupçons de complicité d'évasion fiscale.

Y. D. avec Reuters