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Crédit Suisse fait le ménage dans ses clients

Le siège du Crédit Suisse, la deuxième banque helvète, à Zurich.

Le siège du Crédit Suisse, la deuxième banque helvète, à Zurich. - -

La deuxième banque suisse voudrait clôturer des comptes dans une cinquantaine de pays d'ici la fin de l'année, selon un quotidien suisse paru ce 24 septembre. Un recentrage en forme d'opération main propre.

Les banques suisses moralisent leurs pratiques. Après UBS qui demande à ses clients français et allemands de payer leurs impôts, Crédit Suisse ferme carrément les comptes de certains de ses clients. Selon le quotidien suisse Tages-Anzeiger, daté de mardi 24 septembre, la deuxième banque du pays compte clôturer les comptes d'utilisateurs d'une cinquantaine de pays d'ici fin 2013.

Sont visés les dépôts inférieurs à un million de franc suisses, et les comptes de pays tels que le Congo, l'Angola, le Turkménistan, l'Ouzbékistan et la Biélorussie. Ou encore Israël et le Danemark. La banque entend se retirer totalement de certains marchés, et partiellement de certains autres, a-t-elle souligné.

Elle affirme que cette stratégie a été annoncée en juillet, au moment de la présentation de ses résultats du deuxième trimestre. Crédit Suisse indiquait vouloir se recentrer sur certains segments et sortir des pays trop petits.

Condamnations pour blanchiment d'argent et évasion fiscale

En fait, le journal suisse pointe les "risques de réputation" liés à certains de ces pays. Il relève aussi qu'un grand nombre de citoyens israéliens possède la double nationalité, américaine et israélienne, et doivent donc payer leurs impôts aux Etats-Unis. Pays avec lequel la Suisse s'est engagée à collaborer pour lutter contre l'évasion fiscale.

Ces dernières années, la pression sur les banques s'est largement accrue pour qu'elles s'assurent de la bonne foi de leurs clients. Des pénalités aux montants record ont plu sur les grands noms de la finance pour des faits d'incitation à l'évasion fiscale, ou de complicité de blanchiment d'argent.

UBS a ainsi dû payer 780 millions de dollars en 2009, pour avoir aidé les contribuables américains à frauder le fisc. HSBC, elle, a été condamnée à 1,9 milliard de dollars, la plus forte amende jamais payée par une banque pour avoir fermé les yeux sur la provenance douteuse de fonds déposés dans ses coffres.

En quelques années, c'est cinq milliards de dollars qui ont été payés à la justice américaine par plusieurs banques européennes et américaines dans le cadre d'enquêtes pour blanchiment.

Nina Godart avec AFP