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Crédit Agricole : une solidité parée à toutes épreuves

Malgré les taux, le numéro un français de la banque de détail est parvenu à augmenter ses revenus dans quasiment l’ensemble de ses métiers au deuxième trimestre.

On s’attendait à ce que le record atteint au deuxième trimestre 2018 soit particulièrement difficile à battre. Effectivement. Les chiffres publiés ce vendredi 2 août en attestent mais se révèlent, au global, plutôt supérieurs aux prévisions pessimistes des analystes.

Léger repli de prime abord...

Dans le détail, le bénéfice net part de Crédit Agricole S.A (soit l'entité cotée en Bourse du groupe) affiche une baisse de 14,9% à 1,22 milliard d'euros. Un repli essentiellement lié à une remontée du coût du risque. Lequel se révélait particulièrement bas un an plus tôt compte tenu de reprises de provisions notamment ainsi que d'un effet sur le taux d'impôt.

Pour Philippe Brassac, directeur général de Crédit Agricole S.A, cette révision s’explique de différentes manières. A commencer par le fait que la banque tricolore avait surfé l’an passé sur « deux effets boosters non pérennes ». Précisant que le coût du risque restait, lui, « à un niveau très bas… Presque toutes les grandes banques de la place ont vu leur coût du risque augmenter ponctuellement ce trimestre du fait de leur exposition au dossier Rallye-Casino ».

Les métiers, boosters de performance

Pour autant, les résultats du Crédit Agricole se veulent, dans l’ensemble, non seulement stables mais, in fine, plutôt encourageants. Si le produit net bancaire affiche un retrait de 0,4% à 5,1 milliards d'euros, la bonne nouvelle provient des métiers.

Au deuxième trimestre 2019, ils sont, en effet, nombreux à avoir enregistré une croissance de leurs revenus. Et forcément, Philippe Brassac apprécie particulièrement : « Le revenu des métiers est en croissance de 1,9%, dans un contexte de taux très bas. Il y a toujours une interrogation sur le modèle de banque de proximité : or il faut souligner l'excellente performance opérationnelle de LCL, qui a augmenté de 1,5% son produit net bancaire, de 8,5% son résultat brut d'exploitation et de 6,5% son résultat net. Cela donne de la résilience à LCL dans cet environnement de taux ».

28 000 nouveaux clients

Il faut dire que la banque de détail est parvenue à séduire pas moins de 28 000 clients particuliers et professionnels de plus au deuxième trimestre 2019. Même son de cloche en Italie où le Crédit Agricole a conquis plus de 12 000 nouveaux clients en net).

Autres motifs de fierté pour la Banque verte : cette dernière se targue d’avoir battu un certains nombre de nouveaux records au deuxième trimestre et d’être ainsi devenue « le premier assureur vie en France », devançant ainsi CNP Assurances en matière de cotisations en affaires directes.

Les bons fonds font les (bons) projets

Parallèlement à cela, le Crédit Agricole met aujourd’hui en avant non seulement sa rentabilité, mais aussi sa grande solidité au niveau de ses fonds propres.

Pour ce qui est de sa solvabilité, le numéro un français de la banque de détail n’hésite pas non plus à jouer la comparaison. Notamment au niveau de ses fonds propres « durs CET1 de 15,4% » qui dépassent donc largement les 9,5% requis au niveau réglementaire. Les autres groupes bancaires tricolores oscillant, pour leur part, davantage autour de 12%.

De quoi donner au Crédit Agricole la force de ses ambitions. Ce vendredi, la Banque verte a annoncé qu’elle comptait débloquer plus tôt que prévu un mécanisme de garanties existant répondant au nom de « switch » entre les caisses régionales et l'entité cotée.

Enfin, cette hausse de résultats donne visiblement des ailes au Crédit Agricole qui explique que cette augmentation devrait également lui permettre d'accroître son dividende. Un heureux présage pour les investisseurs qui ont déjà pu bénéficier d'un net rebond de l'action suite à une mauvaise année 2018 (-34%). De quoi, là encore, donner au numéro un français de la banque de détail l’envie de communiquer sur le sujet en indiquant avoir signé « la meilleure performance parmi les 18 valeurs bancaires européennes ».

Julie COHEN-HEURTON