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Coronavirus: pourquoi les assureurs refusent de couvrir les pertes d'exploitation

La baisse significative des rendements des contrats en fonds euros n'a finalement en rien empiété sur la performance des supports proposés par certaines associations.

La baisse significative des rendements des contrats en fonds euros n'a finalement en rien empiété sur la performance des supports proposés par certaines associations. - Pixabay

Accusé de ne pas aller assez loin pour aider les entreprises en pleine crise du coronavirus, le secteur réagit. Sur BFM Business, Jean-Laurent Granier, PDG de Generali France confirme la volonté du groupe de participer à l'effort national avec une contribution de 150 millions d'euros.

La pression monte du côté des assureurs. La secrétaire d’État à l’Économie, Agnès Pannier-Runacher, a, en effet, estimé qu'il était grand temps pour les assurances "d'aller plus loin" en augmentant leur contribution au fonds de solidarité afin de soutenir davantage les petites entreprises et les indépendants. Les entreprises demandent par ailleurs que les assureurs prennent en charge leurs pertes d'exploitation.

Après la réaction d'Aviva sur BFM Business, c'est au tour de Jean-Laurent Granier, PDG de Generali France et directeur général de la Fédération française de l'Assurance de répondre à la polémique. Avec des annonces concrètes.

"Les assureurs font leurs efforts, bien sûr il y a des efforts de solidarité mais aussi des efforts dans le métier lui même. Au niveau de Generali France, l'effort global que nous faisons actuellement se monte à 150 millions d'euros. Il y a dedans des opérations liées à la solidarité mais il y a aussi affronter les situations d'arrêts de travail, prendre en compte l'augmentation des remboursements que nous devons faire pour des raisons de santé (...) et maintenir les garanties même en l'absence de primes pour que les entreprises puissent continuer à fonctionner", explique le dirigeant. Par ailleurs, l'assureur annonce avoir "accéléré" les paiements de ses fournisseurs "sans attendre les délais contractuels de manière à avoir un comportement d'entreprise citoyenne".

3 milliards de contribution pour tous le secteur

"Au niveau de la profession des assurances, oui il y a un effort considérable, ça représente dans l'ensemble des domaines plus de 3 milliards d'euros, au niveau de Generali France, c'est 150 millions d'euros que nous engageons", poursuit-il.

Pour autant, la demande des entreprises et de certains parlementaires est la prise en charge par les assureurs des conséquences économiques de la crise, notamment les pertes d'exploitation des entreprises.

Et sur ce point, le secteur reste inflexible, en tout cas pour le moment. "Il y a quelque chose à creuser pour l'avenir", commente Jean-Laurent Granier mais de prévenir: la crise actuelle ne relève pas "d'un risque aléatoire ou assurentiel mais de ce qu'on appelle d'un risque systémique. Tout le système est touché".

Un risque systémique pas aléatoire

Traduction, une telle mesure reviendrait à remettre en cause le principe même de l'assurance qui vise à couvrir un aléa et non pas un risque avéré d'autant plus lorsque ce risque est à ce point systémique et touche l'ensemble de l'économie et qu'il n'a pas été financé par des cotisations. Couvrir un tel risque coûterait extrêmement cher aux acteurs de l'assurance.

Il faut "préserver la solvabilité du secteur", martèle le patron de Generali France. "Il est clair que rajouter un problème à un problème n'apporterait aucune solution. On ne peut pas aujourd'hui couvrir ces problèmes de pertes d'exploitation parce qu'il ne s'agit pas d'une garantie d'assurance. On ne peut pas le faire parce que c'est un système général d'interdiction d'exploitation, d'impossibilité d'exploitation qui est pour tous le monde et qui a été décrété pour des raisons sanitaires par les pouvoirs publics. Ce que nous pourrons faire c'est imaginer un système pour le futur. Dans l'intervalle, ce que nous faisons c'est apporter le soutien maximal possible à nos clients et faire des actions de solidarité spécifiques".

A l'image d'un don de 3 millions d'euros à la Fédération hospitalière de France (FHF). "Ceci est un exemple de plus de notre engagement pour soutenir ceux qui sont en première ligne".

Olivier Chicheportiche