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Comment reconnaître un fonds d'investissement inutile ?

Dans le cas où vous pouvez prendre un peu de risques, il peut-être opportun d'aller vers des fonds patrimoniaux.

Dans le cas où vous pouvez prendre un peu de risques, il peut-être opportun d'aller vers des fonds patrimoniaux. - Pexels

Sur les quelques 10 000 fonds qui existent sur le marché français, il y a les bons, les moins bons et pire, ceux qui ne servent strictement à rien.

Lorsqu’un investisseur choisit d’effectuer un placement, l’une des possibilités qui s’offre à lui consiste à passer par l’intermédiaire d’un fonds qui peut prendre la forme d’un organisme de placement collectif (OPC). Sa mission : réunir l’argent déposé par plusieurs épargnants et investir la totalité de ce capital dans divers produits comme des actions ou des obligations.

L’autre option consiste à passer par le biais de sociétés d’investissement à capital variable (SICAV). Lesquelles font également partie des FCP (comprenez : des fonds communs de placement) et de la famille des OPCVM (organismes de placements collectifs en valeurs mobilières). Le problème, c’est que ces fonds se révèlent nombreux et qu’opérer un arbitrage est tout sauf simple.

Peu performants, frais de gestion trop élevés… Nombre d’entre eux n’ont, in fine, pas grand intérêt (financier). Aussi, il existe quelques règles de bonnes pratiques à considérer pour ne pas se laisser aveugler par des fonds qui se révéleraient inutiles voire dangereux.

Enquête préliminaire

Outre le fait de se renseigner sur la solidité et la réputation de la société qui assure la gestion du fonds, il peut être opportun d’en avoir le cœur net quant à la stratégie globale menée au sein même de cette société et son nombre de gérants et d’analystes. Il importe également de se renseigner sur la qualité de sa gamme et l’importance de celle-ci, de vérifier que les comptes rendus de gestion le sont de manière claire et que la société de gestion applique en son sein des principes éthiques, notamment en matière de gouvernance environnementales et sociales.

L’autre point à observer concerne les frais de gestion (TFE, Total de Frais sur Encour). Si le rendement généré ne dépasse pas les frais appliqués par les gestionnaires de fonds, le jeu n’en vaut, en toute logique, clairement pas l’investissement. Si bien que les économistes considèrent généralement que ce type d’investissement ne sert à rien. Le problème, estime Frédéric Lorenzini, cofondateur du site N3D, c’est que les grands gestionnaires comme Axa et même les banques tricolores détiennent un certain nombre de fonds de ce type. Et que certains organismes de gestion vont même jusqu’à appliquer des TFE qui dépassent les 5%.

Mauvais fonds

La situation se corse d’autant plus quand un investisseur a à faire non pas à un fonds à l’utilité toute relative, mais purement et simplement à un mauvais fonds. Pour investir dans de bonnes conditions, il est certes nécessaire de regarder la performance du fonds en question, mais pas que. Pour Frédéric Lorenzini, il existe d’autres indicateurs à considérer. A commencer par la cohérence au niveau du discours tenu par les gestionnaires. S’il est prévu que l’investissement soit effectué dans des actions européennes, mais qu’il est, en fin de compte, réalisé sur des actions russes, problème de cohérence il y a et donc méfiance des investisseurs il doit y avoir également.

Cinq étoiles

Côté performance, certains outils permettent de repérer les canards boiteux. C’est le cas, par exemple de Morningstar (un outil de classement et de portefeuille) qui donne aux investisseurs la possibilité de bénéficier d’un éclairage et d’avis concernant les fonds grâce à des notes qui leur sont attribuées. Chaque fond est noté avec des étoiles (5 dans le meilleur des cas) qui tiennent compte de leur performance, de leur volatilité, mais aussi de la préservation du capital de l’épargnant. Pour autant, il s’agit d’un éclairage qui porte sur des performances passées. Or, l’adage financier souligne bien que « les performances passées ne préjugent pas des performances à venir ».

En croisant l’ensemble de ces éléments, l’investisseur dispose toutefois d’une vue d’ensemble qui lui permet de déterminer ce qui différencie un bon d'un mauvais fonds.

Julie COHEN-HEURTON