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Brexit: la banque britannique RBS penche pour Amsterdam

RBS se prépare à utiliser sa licence bancaire dont il dispose aux Pays-Bas afin de permettre à sa filiale de banque d'investissement, nommée NatWest Markets, de pouvoir continuer à exercer dans l'UE.

RBS se prépare à utiliser sa licence bancaire dont il dispose aux Pays-Bas afin de permettre à sa filiale de banque d'investissement, nommée NatWest Markets, de pouvoir continuer à exercer dans l'UE. - Daniel LEAL-OLIVAS-AFP

La banque RBS, détenue en majorité par l'État britannique, a choisi Amsterdam pour mener ses activités dans l'UE après le Brexit. Elle pourrait y localiser 150 salariés, en cas de perte du passeport européen, pour opérer dans l'UE.

La banque britannique RBS anticipe l'après-Brexit comme de nombreuses autres institutions financières outre-Manche. Royal Bank of Scotland, détenue à 71% par l'Etat britannique, a choisi Amsterdam comme siège au sein de l'Union européenne (UE) en cas de Brexit "dur" qui se traduirait par la perte du passeport financier. Ce dernier permet jusqu'à présent aux sociétés financières de proposer leurs activités à travers l'UE depuis le Royaume-Uni.

Ce choix ne fait pas les affaires de Paris sur fond de concurrence exarcerbée entre les trois métropoles de l'Europe continentale (Francfort, Paris, Amsterdam) pour attirer sur leur territoire les activités financières délocalisées depuis Londres avec leur cortège d'emplois qualifiés. 

Selon ses projets, RBS se prépare à utiliser sa licence bancaire dont il dispose aux Pays-Bas afin de permettre à sa filiale de banque d'investissement, nommée NatWest Markets, de pouvoir continuer à exercer dans l'UE. "Ce ne sera pas une grosse activité. Elle sera juste au service des clients anglais désireux d'exercer leurs activités dans l'UE et vice versa" a expliqué au Financial Times, Ross McEwan, PDG de la banque, qui ajoute que ces futures activités basées à Amsterdam pourrait employer jusqu'à 150 personnes.

Morgan Stanley et Citigroup ont préféré Francfort

De nombreuses autres banques et sociétés financières internationales ont décidé d'ouvrir un siège dans l'UE, au prix de déplacements d'emplois du Royaume-Uni vers le continent. Les banques américaines Morgan Stanley et Citigroup ont déjà choisi Francfort.

Plusieurs banques européennes (HSBC, Deutsche Bank, UBS) vont également renforcer leur présence dans l'UE. La banque britannique HSBC a décidé de relocaliser un millier d'emplois vers Paris, et les grands groupes français ont promis de rapatrier leurs effectifs vers l'Hexagone.

Les établissements japonais Sumitomo Mitsui Financial Group et Nomura vont créer pour leur part une nouvelle filiale européenne à Francfort. La ville de Dublin a de son côté réussi à attirer Bank of America et JPMorgan Chase

La méga-banque japonaise Mitsubishi UFJ Financial Group (MUFG) hésite quant à elle principalement entre Amsterdam et Paris (avec une préférence pour la première), alors que le spécialiste des obligations Tradeweb, filiale de Thomson Reuters, a choisi le centre financier néerlandais.

Frédéric Bergé avec AFP