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Voici les cadres les plus recherchés en 2015

Les employeurs privilégient les profils immédiatement opérationnels, à savoir les cadres de un à dix ans d’expérience.

Les employeurs privilégient les profils immédiatement opérationnels, à savoir les cadres de un à dix ans d’expérience. - Olivier Laban -Mattei - AFP

L’Apec table sur 174.000 recrutements de cadres cette année, soit une hausse de 3 %. Une reprise qui profite avant tout aux activités de services, dans l'informatique ou la banque.

Pas question de parler de la crise au passé. Les entreprises restent prudentes en ce qui concerne leur politique de recrutement. Rarement la fourchette des prévisions de recrutements de cadres n’avait été aussi large. Sur la base de 11.000 entreprises sondées entre mi-octobre et mi-décembre, l’Apec table sur de 162.000 à 186.000 embauches cette année. La médiane s’établissant à 174.000, soit une hausse de 3%.

Son directeur général, Jean-Marie Marx, se montre toutefois optimiste :"Il n’est pas improbable que l'on se rapproche des 180.000 embauches. Ce qui nous positionnerait dans les 3 ou 4 meilleurs crus des quinze dernières années". Aux yeux du patron de l’Apec, la baisse du cours de l’Euro et du pétrole, la mise en place du CICE et du Pacte de responsabilité et l’accélération du papy-boom (départs en retraite en hausse de 8 %) sont autant d’éléments propices à rassurer les employeurs. 

Les débutants et les seniors sur la touche 

Jean-Marie Marx mise aussi sur un effet de rattrapage. Certains secteurs ont trop longtemps différé des embauches faisant le pari d’une sortie de crise plus rapide. Ce mouvement déjà amorcé fin 2014 profite avant tout aux activités de services notamment dans l’informatique. "Beaucoup de projets informatiques ont été retardés ou échelonnés dans le temps. Ils doivent aujourd’hui se concrétiser. Et s’il y a des contrats, les SSII embauchent derrière."

La banque-assurance, les professions juridiques, comptables et de conseil mais aussi certains pans de l’industrie comme l’aéronautique profitent aussi de cette embellie. A l’inverse, d’autres secteurs resteraient toujours à la peine. C’est le cas du BTP, du transport et de la logistique ou du marché du bois-papier-imprimerie.

Signe révélateur de cette incertitude, les employeurs privilégient les profils immédiatement opérationnels. A savoir les cadres de un à dix ans d’expérience, écartant les débutants et les seniors. Les plus de 50 ans ne représentent que 5% des recrutements. A l’autre bout de la pyramide des âges, les jeunes diplômés ne sont pas plus à la fête. Avec 33.500 à 39.100 débutants de moins d’un an d’expérience qui seraient enrôlés en 2015, on est très loin du niveau record de 2007 (47 900).

L’étude montre également une concentration géographique de l’emploi cadre. Quatre régions – Ile-de-France, Rhône-Alpes, Nord Pas de Calais, PACA – accaparant 70 % des recrutements. En 2015, la région Midi-Pyrénées semble bien orientée grâce à la locomotive Airbus.

Pour 2016 et 2017, l’Apec table sur une croissance plus soutenue (+ 9%) des embauches. Le marché de l'emploi des cadres retrouverait alors les niveaux élevés de recrutement observés avant la crise de 2008-2009, autour de 200.000 cadres. Là, on pourra parler véritablement de sortie de crise.

Xavier Biseul