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La génération Y n'est pas si différente des autres

Pour les jeunes, l'entreprise idéale doit rétribuer les efforts de chacun et avoir un management attentif à l'humain.

Pour les jeunes, l'entreprise idéale doit rétribuer les efforts de chacun et avoir un management attentif à l'humain. - Startup stock Photos - CC

Souvent présentés comme rebelles face à la hiérarchie et cherchant à s'accomplir dans leur travail, les salariés de moins de 30 ans ne seraient, en réalité, pas si atypiques. Comme leurs aînés, une bonne rémunération et des perspectives d'évolution font partie de leurs objectifs.

On les appelle la génération "y". Ces salariés de moins de 30 ans soulèvent bien des interrogations quant à leur intégration dans le monde de l'entreprise. Les managers se demandent comment tirer parti de ces jeunes et comment répondre à leurs attentes, tant celles-ci semblent différentes de leurs aînés. Or, la onzième édition du baromètre Edenred-Ipsos (1), publiée ce 20 septembre, dénonce de nombreuses idées reçues.

Ces jeunes sont souvent vus comme "des salariés à l'esprit collaboratif, acceptant difficilement la hiérarchie et ne voyant plus la rémunération comme seul facteur de motivation mais cherchant à s'accomplir dans leur travail".

En réalité, leurs attentes s'inscrivent plutôt dans la lignée des générations précédentes. Sondés sur 14 défis RH se posant à leur entreprise, les jeunes salariés les hiérarchisent dans une très large mesure comme leurs aînés.

Interrogés sur "l'entreprise idéale", ils citent les mêmes attentes prioritaires: une rétribution des efforts de chacun, des opportunités d'évolutions et un management attentif à l'humain.

Des salariés motivés

Une différence entre générations apparaît surtout dans la motivation, avec des moins de 30 ans "plus motivés que leurs aînés", 26% déclarant que leur motivation augmente dans le temps, contre 15% des plus de 30 ans.

Mais cet écart témoigne d'une "attitude classique des nouveaux entrants sur le marché du travail" et était déjà observé il y a dix ans, soulignent les auteurs.

Les quelques différences semblent en réalité être "plus culturelles", variables d'un pays à l'autre, que générationnelles. Ainsi, en matière d'évolution de la motivation au travail, les jeunes salariés français sont derniers du classement: seuls 12% affirment que leur motivation tend à augmenter au fil des ans, contre 19% au Royaume-uni ou en Allemagne, 26% aux États-Unis, 32% en Chine et 58% en Inde. Au-delà de 30 ans, ils sont juste derrière les Belges, avec 6% seulement de salariés affichant une motivation croissante.

(1) Pour cette enquête, 14.000 salariés de 15 pays ont été interrogés en ligne en janvier 2016, dont plus de 3.500 nés après 1986. Les résultats ont été redressés pour assurer un échantillon représentatif pour chaque pays.

C.C. avec AFP