BFM Business

Cette entreprise qui veut accorder un congé "menstruel" à ses salariées

Certaines femmes restent clouées au lit en période de règles.

Certaines femmes restent clouées au lit en période de règles. - Saudade - Flickr - CC

Coexist, une entreprise basée à Bristol, réfléchit à un nouveau mode d'organisation du temps de travail. Elle voudrait laisser aux femmes le soin d'adapter leur emploi du temps en période de règles.

"J'ai géré beaucoup de femmes durant ma carrière et j'en ai vu certaines pliées en deux pendant leurs règles". Bex Baxter, codirectrice de la société d'évènementiel Coexist, raconte au journal Bristol Post qu'elle est partie de ce constat pour réfléchir un nouveau mode d'organisation du temps du travail dans son entreprise : les femmes pourront prendre un ou deux jours de congés payés ou travailler depuis leur domicile en cas de règles douloureuses.

3 à 10% des femmes souffrent d'un véritable syndrome prémenstruel. Bex Baxter a d'ailleurs précisé au Toronto Star qu'elle avait déjà manqué le travail "car il m'arrivait de m'effondrer ou de me retrouver couchée par terre à l'agonie". Mais pourtant, "les femmes refusent de rentrer chez elles car, pour elles, elles ne sont pas malades. Elles se sentent coupables et ont honte".

Une productivité multipliée par trois

Non seulement Bex Baxter trouve cela "injuste", mais surtout contre-productif. Elle estime, en effet, que "lorsqu'elles ont leurs règles, les femmes vivent une sorte d'hiver. Elles ont besoin de cocooner, rester au chaud et nourrir leurs corps. Alors que, juste après leurs menstruations, elles connaissent un printemps où leur productivité est multipliée par trois".

Une idée qui ne sort pas de nulle part. En décembre 2014, Gedis Grudzinskas, gynécologue, avait expliqué au Daily Mail qu''un congé menstruel payé permettrait de soulager les femmes et surtout de stimuler leur motivation et leur productivité quand elles sont au travail". D'ailleurs, de telles dispositions existent déjà dans certains pays. Au Japon, par exemple, c'est le cas depuis 1947. Une loi existe aussi en Corée du Sud ou en Indonésie.

Une mesure sexiste?

Cette politique "spéciale règles" n'est pas encore mise en place à Coexist. Bex Baxter veut, pour le moment, créer le débat. Et il se promet d'être virulent puisque certains trouvent cette mesure "sexiste". Mais Bex Baxter ne compte pas lâcher l'affaire.

Le 15 mars prochain, elle organise un séminaire intitulé "S'engager pour une politique des règles : valoriser les cycles naturels au travail". Une cinquantaine d'entreprises sont déjà inscrites.

Diane Lacaze