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Travail du dimanche: quel impact économique?

Le débat sur l'ouverture du dimanche lancé par les magasins de bricolage a provoqué une réunion ministérielle ce lundi à Paris.

Le débat sur l'ouverture du dimanche lancé par les magasins de bricolage a provoqué une réunion ministérielle ce lundi à Paris. - -

Combien de Français travaillent le dimanche ? Quel est l'aspect économique? Qui est concerné? BFM Business dresse un état des lieux du travail dominical aujourd'hui.

Le travail du dimanche est interdit par la loi Mallié de 2009, sauf dérogations. Ne pouvant en obtenir pour certains de leur magasins, et condamnées par la justice à les fermer ce jour-là, les enseignes de bricolage Leroy Merlin et Castorama ont relancé le débat.

Le gouvernement s'est penché sur la question, ce lundi 30 septembre. L'ancien patron de la Ratp et de La Poste, Jean-Paul Bailly, a été chargé de formuler des propositions pour clarifier les règles de l'ouverture dominicale des commerces.

>> Qui travaille le dimanche

Actuellement, en France, 8,2 millions de personnes sont concernées par le travail dominical, de manière habituelle ou occasionnelle, qu'elles soient, ou non, salariés. Cela représente plus de 30% des personnes en emploi, 10 point de plus qu'en 1990.

Selon l'Insee, les cadres, les professions intellectuelles supérieures et les employés travaillent en plus forte proportion le dimanche (32%). Les ouvriers ont la proportion la plus faible (18%). Mais les employés sont les plus nombreux à travailler "habituellement ce jour-là", tandis que cela reste "occasionnel" pour les cadres.

Les femmes et les titulaires de CAP et de BEP sont les plus nombreux à travailler "habituellement" le dimanche (près de 15%), légèrement plus que ceux qui ont le niveau bac.

>> Les secteurs où l'on travaille le dimanche

Selon la Darès, plus de 81% des gendarmes, pompiers, surveillants pénitentiaires - ceux qui officient dans la sécurité des personnes et des biens- travaillent le dimanche. Les infirmières, les médecins, les ambulanciers, tous ceux chargés de la permanence des soins sont, à près de 60%, des travailleurs dominicaux.

Presque 50% des salariés de la "continuité de la vie sociale" travaillent de manière habituelle ou occasionnelle le dimanche. Une catégorie qui regroupe des métiers hétéroclites: serveurs dans l'hôtellerie restauration, animateurs de centre de loisir, contrôleurs des transports et hôtesses de l'air, boulangers, charcutiers, cuisiniers, taxis, pompistes….

Une grande partie de ces activités relève du secteur public. Ces trois domaines regroupent un quart du total des salariés, mais la moitié des travailleurs salariés du dimanche, et même 70% des travailleurs dominicaux habituels.

> L'impact économique de l'ouverture dominicale des commerces

Les magasins de bricolage, comme Leroy-Merlin, affirment réaliser 15 à 20% de leur chiffre d'affaires ce jour-là. Reste à savoir si les achats effectués le dimanche sont reportés à un autre jour de la semaine si le magasin est fermé. Les défenseurs du travail du dimanche parlent d'"achats d'impulsion" qui ne seraient pas réalisés un autre jour que celui-ci.

En termes d'emploi, les défenseurs de l'ouverture dominicale estiment que 7.000 embauches sont en jeu. Les syndicats nationaux, eux, assurent globalement que le travail du dimanche détruit au contraire de l'emploi.

C'est aussi ce que constatait une étude du Crédoc publiée en 2009, mais de manière si marginale qu'il pourrait s'agir d'une "marge d'erreurs". Le centre de recherche postule toutefois que les "effets sur l'emploi pourraient être minorés par une augmentation de la durée moyenne du travail".

Selon la même étude, dont les auteurs ont interrogés un panel de Français, les "effets économiques de la libéralisation de l’ouverture dominicale des commerces devrait être modeste".

Ses auteurs mentionnent par ailleurs un effet pervers: ouvrir les magasins un jour de plus entraînerait une hausse de la consommation d'énergie, donc un alourdissement de la facture électrique. En outre, les coûts salariaux augmenteraient puisque le travail dominical fait généralement l'objet de contreparties salariales. Des facteurs qui pèseraient sur le prix de distribution des produits, amené à augmenter à court terme.

N.G.