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Transport routier de matières dangereuses: la grève continue

La grève des conducteurs se poursuit.

La grève des conducteurs se poursuit. - Fred Tanneau - AFP

Les conducteurs de camions citernes poursuivent la grève débutée vendredi. Ils réclament une amélioration de leurs conditions de travail.

Les conducteurs de matières dangereuses (carburant, gaz, produits chimiques...) ont décidé de poursuivre leur grève déclenchée vendredi. Selon Fabrice Michaud de la CGT Transports, le mouvement a repris lundi matin avec notamment le blocage de la raffinerie de Grandpuits (Seine-et-Marne) et du dépôt de la Rochelle.

En Ile-de-France, des barrages filtrants ont également été mis en place devant huit des neuf dépôts pétroliers de la région. Les grévistes "essaient de convaincre les conducteurs" de se joindre au mouvement et le trafic est "ralenti", a indiqué Fabrice Michaud, qui a estimé la proportion de grévistes "aux alentours de 70%". Toujours en Ile-de-France, "70 à 80%" des stations-service sont "en risque de rupture de stock, contrairement au discours rassurant de l'Ufip (Union française des industries pétrolières)", a par ailleurs affirmé le responsable CGT.

"Toujours pas d'écho de la partie patronale"

Les grévistes sont "motivés", d'autant que "nous n'avons toujours pas d'écho de la partie patronale, même pas le principe d'une rencontre", expliquait ce matin Fabrice Michaud, en dénonçant le "mépris" du patronat. Selon lui, les opérateurs de chargement et déchargement (des camions) du groupe Total "envisagent" aussi de se mettre en grève, sur les sites de Pont-les-Valence, Gennevilliers, Toulouse et Valenciennes.

À 12h, le patronat du transport routier a déclaré écarter toute négociation avec la CGT. Les fédérations patronales FNTR et TLF ont tenu "à préciser que ces revendications sont portées par le seul syndicat CGT et qu'aucune négociation n'est envisageable avec un seul syndicat". Les deux organisations indiquent néanmoins dans un communiqué commun que les questions soulevées par la CGT "seront notamment abordées début juillet dans le chantier des classifications conventionnelles".

Avec cette grève, la CGT-transport entend pousser les organisations patronales du transport routier (FNTR, TLF, OTRE) à "négocier" l'insertion dans la convention collective du transport routier de "spécificités" propres aux matières dangereuses. Soulignant que certains conducteurs "font 56 heures par semaine", elle demande notamment une durée journalière de travail maximale de 10 heures, un suivi médical semestriel spécifique, un taux horaire minimal de 14 euros de l'heure et un treizième mois. La CGT-transport dit attendre depuis le 10 mai une réponse à ses revendications.

D. L. avec AFP