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Retraites complémentaires: vers une hausse des cotisations ?

Comment parvenir à rééqulibrer les comptes des retraites complémentaires ? Patronat et syndicats se réunissent pour en discuter.

Comment parvenir à rééqulibrer les comptes des retraites complémentaires ? Patronat et syndicats se réunissent pour en discuter. - -

Les partenaires sociaux qui gèrent les retraites complémentaires se retrouvent ce 22 novembre pour tenter d'endiguer la baisse des ressources financières de ces régimes. Une hausse des cotisations parait inéluctable à terme.

Représentants du patronat et des syndicats se retrouvent ce jeudi 22 novembre après-midi pour la première séance de négociations sur l'avenir des retraites complémentaires. Il y en aura d'autres. Car l'objectif des partenaires sociaux qui gèrent l'Arrco, le régime des salariés, et l'Agirc, celui des cadres, est tout simplement de sauver ces régimes de la faillite à moyen terme.

L'Etat ne se préoccupe pas des complémentaires

Conséquence de la situation économique, les rentrées de cotisations sont en baisse alors que le nombre de pensionnés augmente. De plus, en adoptant au printemps le retour partiel à la retraite à 60 ans pour les carrières longues, le gouvernement Ayrault a mis à la charge des régimes complémentaires plus de 450 millions d'euros de dépenses supplémentaires par an à partir de 2013.

Selon les projections des deux organismes, les réserves de l'Agirc, le plus menacé en raison de sa structure démographique, seraient donc épuisées dès 2017. Pour l'Arrco, l'échéance interviendrait en 2019. Ces prévisions sont nettement plus pessismistes que celles présentées lors de la dernière renégociation des accords Agirc-Arrco, en mars 2011.

Or, à la différence du régime général (servant la retraite de base) qui peut compter sur les augmentations de prélèvements décidées par l'Etat dans le cadre des lois de financement de la sécurité sociale, l'Agirc et l'Arrco ne se financent que par les cotisations des entreprises et des salariés.

Baisse des prestations ou augmentation des cotisations?

Comment rééquilibrer les comptes? Il n'y a guère que trois solutions. La plus simple consiste à augmenter les cotisations patronales et salariales. FO serait, par exemple, favorable à une telle option que rejette totalement le Medef. Un point de plus pourrait rapporter par exemple 780 millions par an. Le simple gel des revalorisations permettrait, lui, d'économiser 1,4 milliard.

Autre piste : un allongement de la durée de cotisations. Certains imaginent notamment que les retraites complémentaires ne pourraient être servies qu'après 64 ans et non 62 ans comme pour le régime général.

Une autre solution, déjà utilisée dans le passé, consisterait à baisser la valeur du point qui sert de calcul aux retraites complémentaires (à la différence du régime général basé sur la durée de cotisation).

Ce qui signifie que le montant des futures pensions serait moins élévé qu'aujourd'hui. Une solution efficace financièrement et qui reste indolore... tant que l'on n'est pas à la retraite !

Patrick Coquidé