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Rendre les indemnités chômage dégressives n’est pas la solution miracle

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Notre éditorialiste Nicolas Doze revient sur la dégressivité des indemnités chômage, une piste que le gouvernement n'écarte désormais plus pour tenter de faire diminuer le nombre de demandeurs d'emploi. Il explique pourquoi cette mesure est tout sauf une panacée.

Rendre le chômage moins confortable poussera-t-il les demandeurs d’emplois à chercher plus vite un travail? La réponse à cette question ne va pas de soi. D'abord, rendre les indemnités dégressives n’aura aucun effet sur les chômeurs de longue durée qui sont très éloignés de l’emploi.

De plus, ce qui peut avoir un effet sur la motivation d’un demandeur d’emploi à accepter un poste qui ne le motive guère ce n’est pas l’éventuelle dégressivité des allocations qui lui sont versées, mais la date à laquelle les droits prennent fin, surtout pour ceux qui sont bien indemnisés (2% seulement des allocataires touchent plus de 3.000 euros par mois).

Croire que cette seule mesure règlera tout est donc un leurre. Prise isolément elle ne fera qu’appauvrir les chômeurs. Une réforme de l’Unédic pour être efficace doit s’accompagner de réforme de la formation, de la fiscalité et du contrat de travail. La réalité en France est que 94% des chômeurs touchent moins de 2.000 euros par mois (76% moins de 1.200 euros/mois) et que 57% des chômeurs ne sont carrément pas indemnisés. Attention aux solutions trop simplistes! Ce qui désincite à reprendre un emploi ce ne sont pas les indemnités chômage, mais plus souvent l’arbitrage financier face à l’ensemble des aides et des minimas qui s’éteignent quand on travaille à nouveau.