BFM Business

Pourquoi les jeunes diplômés devraient avoir le moral

Les jeunes diplômés retrouvent une certaine forme d'optimisme quant à leur avenir professionnel en France

Les jeunes diplômés retrouvent une certaine forme d'optimisme quant à leur avenir professionnel en France - MIGUEL MEDINA / AFP

Après 11 semaines de recherche et 29 CV envoyés, 60 % des jeunes diplômés réussissent à décrocher un emploi, selon le baromètre dévoilé par Deloitte et Opinion Way. Du coup, ces Français sont moins tentés par l’expatriation.

L’avenir s’éclaircit pour les jeunes diplômés. Malgré un marché du travail qui reste difficile, plus de moitié a réussi à entrer dans le monde professionnel, et ceux qui cherchent encore un job se montrent optimistes. Alors comment et où les jeunes diplômés voient-ils leur avenir? La réponse en 6 chiffres issus du 4ème baromètre de l’humeur des jeunes diplômés réalisé par le cabinet Deloitte et Opinion Way.

> 60% ont un emploi

60%, c'est le nombre de jeunes diplômés de moins de 3 ans actuellement en poste dans une entreprise. Le taux d’emploi a ainsi progressé de 9 points par rapport à l’an dernier. Attention, cette amélioration du marché de l’emploi s’accompagne aussi d’une hausse de la précarité. Le recours aux CDD s’est nettement renforcé. Il concerne 31% des jeunes diplômés, au détriment des CDI ( -9 points). Même chose pour le temps partiel, qui ressort en hausse de 6%.

> 11 semaines pour le décrocher

Il leur faut en moyenne 11 semaines, soit 4 mois avant de décrocher son premier contrat. Cette durée est stable depuis 2013 mais les efforts, eux, se sont intensifiés. Les jeunes diplômés ont envoyé en moyenne 29 CV pour obtenir leur travail. Une amélioration à relativiser, puisque 1 jeune diplômé sur 3 n'a toujours pas trouvé de poste après 5 mois de démarches, une proportion en hausse de 12 points par rapport à 2013. Dans ce cas précis, Deloitte estime que c'est le manque d’expérience qui est le premier frein à leur embauche.

>4 entretiens d'embauches

Le nombre d’entretiens passés avec des employeurs augmente légèrement en passant de 3 à 4. C'est la preuve que les jeunes réintègrent le processus de recrutement. Du coup, leur confiance en l'avenir progresse nettement : 49 % pensent qu'ils ont de grandes chances de trouver un emploi dans les six prochains mois. A titre de comparaison, ils étaient 43 % en 2014. Même optimisme chez ceux qui sont en poste : 58 % estiment que leur carrière va progresser au sein de leur entreprise.

>79% voient leur avenir en France...

Face à un marché de l'emploi qui se redresse, les jeunes sont logiquement moins séduits par l'étranger. La France présente des arguments pour leur avenir professionnel pour 79% des jeunes diplômés. Une proportion qui a progressé de 4 points depuis 2013. Qu'ils soient issus des grandes écoles ou de licences professionnelles , ils évoquent comme principal facteur d'attractivité, la qualité de vie. Le dynamisme dans leurs secteurs d’activité et l'environnement professionnel agréable font partie des autres critères évoqués. Enfin, la capacité de la France innover devient également un critère de choix.

La tentation de l'expatriation est de moins en moins forte chez les jeunes diplômés. Selon Deloitte, 21% envisagent de s’expatrier, contre 27% en 2014. S'ils sont tentés par l'aventure, c'est d'abord pour enrichir leur expérience, découvrir des nouvelles façons de travailler tout en s'immergeant dans une culture différente .Quels sont les pays les plus séduisants? Les Etats-Unis font rêver 36 % des diplômés. Le Canada confirme son attrait, tout comme le Royaume-Uni, la Suisse et l'Australie : 14% aimeraient y faire carrière.

> ... mais 65 % des expatriés veulent rester à l'étranger

Fait notable: 65 % des expatriés ont débuté leur carrière en France et leur expatriation a nécessité en moyenne 7 semaines de recherches. Une fois le cap franchi, ces travailleurs n'envisagent pas de revenir de si tôt.. Près d’un expatrié en poste sur deux songe à rester à l’étranger au moins 6 ans, et près d’un tiers pour l’intégralité de leur carrière. La seule raison qui pourrait les pousser à envisager un retour en France n'est pas professionnelle : il s'agit du rapprochement avec leur famille et leurs proches. 

Méthodologie de l’enquête : L’étude porte sur un échantillon de 1.001 personnes, représentatif des jeunes ayant achevé leurs études, titulaires d’un diplôme de niveau Bac à Bac +5 depuis moins de trois ans, en poste ou en recherche d’emploi dans le secteur privé. Les interviews ont été réalisées par questionnaire auto-administré en ligne du 9 au 18 janvier 2014.

Charlyne Legris