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Pourquoi Hollande a raté ses voeux au monde économique

Le chef de l'Etat a peut-être raté une occasion de se faire entendre des acteurs de l'économie.

Le chef de l'Etat a peut-être raté une occasion de se faire entendre des acteurs de l'économie. - PHILIPPE WOJAZER - AFP

Le président français présentait lundi ses voeux aux forces vives de la nation. Alors qu'il avait l'occasion de fédérer représentants patronaux et syndicaux, il s'en est tenu au "business as usual".

Les patrons de PME s'enfoncent dans le scepticisme. Selon une enquête de la CGPME, neuf patrons de petites structures français sur dix (91%) n'anticipent aucune amélioration dans le climat des affaires en ce début d'année et près de la moitié (43%) s'attendent à une détérioration. Selon Croissance Plus, seulement un tiers des entreprises prévoit une hausse de l'activité pour les six prochains mois.

Dans ce contexte morose, le chef de l'Etat a présenté ses vœux aux forces vives de la nation, lundi. Il a pressé les représentants syndicaux et patronaux de s'accorder au plus vite sur la réforme des seuils sociaux. Ces derniers ont échoué, dans la nuit de vendredi à samedi à trouver un consensus sur cette question. Leurs discussions reprennent jeudi pour une dernière séance de négociation. Mais était-ce vraiment le message à faire passer?

François Hollande a peut-être raté une occasion de se faire entendre des acteurs de l'économie. Voici pourquoi. Le vrai ingrédient qui manque à la reprise de l'activité, aujourd'hui, c'est la confiance. Tous les autres facteurs qui ont mené, par le passé, à un regain de dynamisme –baisse de la monnaie, baisse des prix du pétrole, taux d'intérêt très faible- sont là. Un contexte favorable qui devrait encore s'accentuer si la Banque centrale européenne décide jeudi d'assouplir sa politique monétaire.

Un terne bilan de mi-mandat

Le problème, c'est que ceux qui tiennent les clés du monde économique - les chefs d'entreprises qui investissent- n'ont pas confiance, donc. Or le président de la République avait l'occasion de lever presque deux ans et demi de malentendus, de contentieux. Mais son discours s'est borné à un terne bilan de mi-mandat, rentrant dans un luxe de détails invraisemblables sur son pacte de responsabilité, sur les différents types de contrats.

Pourtant, la cohésion nationale née des dramatiques évènements survenus en France ces dernières semaines pouvait constituer un levier supplémentaire. Devant les acteurs du monde économique, François Hollande a refermé la parenthèse, alors qu'il avait l'occasion de dire qu'il y aurait un avant et un après, que ces attentats devaient nous apprendre à dépasser nos clivages. Mais lui-même a relancé le "business as usual". Si bien qu'à peine la cérémonie des vœux terminée, les grands leaders syndicaux ont repris leur posture. 

Emmanuel Lechypre avec BFMBusiness.com