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Pour Laurent Berger, il faut "partager la richesse, mais aussi le pouvoir" en entreprise

Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT.

Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT. - Patrick Kovarik - AFP

Le secrétaire général de la CFDT a fait plusieurs propositions à Bercy, dans le cadre de la future loi sur l'entreprise.

Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, a fait plusieurs propositions pour que les employeurs partagent la richesse et le pouvoir avec leurs salariés, des mesures qu'il espère voir retenues par Bercy dans le cadre de la future loi sur l'entreprise. Si la réforme du code du travail par ordonnances a été "une occasion manquée de moderniser l'entreprise", la future loi sur la croissance et la transformation de l'entreprise "est une nouvelle occasion" pour "un rééquilibrage de la gouvernance d'entreprise", a dit le syndicaliste lors d'une conférence de presse.

Pour Laurent Berger, il faut "partager la richesse, mais aussi le pouvoir" en entreprise. La CFDT propose notamment de renforcer les moyens d'actions des administrateurs salariés (ouvrir chaque comité aux administrateurs, jetons de présence pour tous les administrateurs), abaisser le seuil de mise en place des administrateurs salariés aux sociétés de 500 salariés (contre 1.000 actuellement) et augmenter la proportion de représentants des salariés dans les conseils d'administration et de surveillance.

Extension de la participation obligatoire

Quant au partage des richesses, le syndicat demande, en termes d'épargne salariale, une extension de la participation obligatoire jusqu'aux entreprises de plus de 10 salariés, contre 50 actuellement. En outre elle souhaite que tous les fonds proposés aux salariés soient socialement responsables et solidaires.

La CFDT s'est également prononcée pour la réécriture de deux articles du code civil afin de prendre aussi en compte le rôle social et environnemental des sociétés. Actuellement, les articles 1832 et 1833 du code civil, qui a été rédigé au début du XIXe siècle, abordent l'entreprise comme une propriété de l'actionnaire.

Le ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, avait souligné la semaine dernière que "l'objet social des entreprises" "ne peut plus être le simple profit". Les premières pistes de la future réforme seront dévoilées jeudi, avec la publication des rapports des binômes parlementaires-entrepreneurs chargés de plancher sur la loi.

D. L. avec AFP