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Pour Gattaz, la baisse du taux du CICE en 2018 n'est "pas acceptable"

Pierre Gattaz a jugé que l'exécutif devait "respecter la parole donnée", rappelant que le précédent gouvernement avait augmenté le taux du CICE de 6 à 7% en 2017 contre le maintien de la dernière tranche de la contribution sociale de solidarité des sociétés (C3S), qui devait initialement être supprimée.

Pierre Gattaz a jugé que l'exécutif devait "respecter la parole donnée", rappelant que le précédent gouvernement avait augmenté le taux du CICE de 6 à 7% en 2017 contre le maintien de la dernière tranche de la contribution sociale de solidarité des sociétés (C3S), qui devait initialement être supprimée. - ALAIN JOCARD-AFP

Le président du Medef a fustigé la baisse d'un point du taux du Crédit d'impôt compétitivité emploi annoncée la veille par le gouvernement. Pierre Gattaz demande à l'exécutif de "revoir sa copie".

Le gouvernement va-t-il devoir revoir sa copie sur la baisse prévue du taux du CICE en 2018? "Les projets du gouvernement de transformation du CICE en baisse de charges ne sont acceptables car ils conduiraient à augmenter de nouveau les prélèvements sur les entreprises", a déclaré le président du Medef lors d'une conférence de presse ce mardi. Et d'ajouter: "Tout cela n'est ni sérieux, ni pertinent ni cohérent".

Pour Pierre Gattaz, l'exécutif revient sur un engagement pris par le précédent gouvernement. Pour compenser le maintien de la dernière tranche de la contribution sociale de solidarité des sociétés (C3S), qui devait initialement être supprimée, le gouvernement Valls avait augmenté le montant de l'avantage fiscal que constitue le CICE en passant son taux 6 à 7% de la masse salariale (jusqu'à 2,5 Smic) en 2017. "L'actuel gouvernement ne peut se contenter de revenir à 6 points sans autre forme de procès" estime donc Pierre Gattaz. Mesure effectivement annoncée, lundi 11 septembre, par le Premier ministre.

"baisser le coût du travail sur l'ensemble des salaires"

Mais Matignon justifie sa décision. Cette baisse ne serait pas très douloureuse pour les entreprises: le crédit d'impôt pour 2018 se concrétisera un an plus tard, en 2019, année où les employeurs vont cumuler l'effet du CICE avec la nouvelle baisse des charges promise durant la campagne présidentielle par le chef de l'État. Le CICE sera en effet transformé en 2019 en baisse directe de cotisations pour les employeurs. En cumulant les deux, entreprises et employeurs bénéficieront ainsi d'une baisse de coûts de près de 21 milliards d'euros en 2019, selon Matignon.

Lors de sa conférence de presse, Pierre Gattaz a aussi insisté sur la "nécessité de baisser le coût du travail sur l'ensemble des salaires". "Nous sommes en train de rater l'opportunité ouverte par le Brexit d'accueillir une partie de la place financière (de Londres, ndlr) pour cette raison", a-t-il affirmé, appelant le gouvernement à examiner "l'idée d'un plafonnement des cotisations sur les hauts salaires", comme cela se pratique par exemple en Allemagne.

F.Bergé avec AFP