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Pierre Moscovici: "je ne suis pas le copain des banquiers!"

Pierre Moscovici s'est défendu contre les attaques dont il fait l'objet à propos de la réforme bancaire, ce jeudi 20 décembre sur BFM Business.

Pierre Moscovici s'est défendu contre les attaques dont il fait l'objet à propos de la réforme bancaire, ce jeudi 20 décembre sur BFM Business. - -

Le ministre de l'Economie était l'invité de BFM Business, ce jeudi 20 décembre. Il a réaffirmé son engagement en faveur de la réforme bancaire, et s'est défendu contre les attaques dont il a fait récemment l'objet.

"Il n’est plus possible que l’on spécule avec l’argent des déposants." Invité du Grand journal de BFM Business ce jeudi , Pierre Moscovici a défendu avec fermeté la réforme bancaire, adoptée en conseil des ministres la veille. "S’il y a demain des risques excessifs qui sont pris par les banques, il faut que ces risques soient cantonnés, dès lors qu’il s’agit de spéculation des banques pour leur propre compte", a assené le ministre de l’Economie. "C’est la raison pour laquelle il fallait absolument séparer les activités. Nous le faisons, et nous sommes les premiers à le faire."

Interrogé sur les premières réactions, parfois cinglantes, il a exprimé son agacement: "Je souris et je m’agace en même temps lorsqu’on me dit : vous êtes l’homme du lobby bancaire. Quand je vois les réactions de Frédéric Oudéa, qui explique qu’on ne lui a pas coupé la tête mais un bras (la veille sur BFM Business, Ndlr), ça fait mal !."

"On me reprochera de ne pas être dans le purisme..."

Parlant d’une réforme composée de trois volets, à savoir "moralisation, protection, et pragmatisme", Pierre Moscovici a insisté sur ce dernier point: "j’ai considéré qu’il n’aurait pas été responsable, dans la situation du système bancaire français -que je ne veux pas affaiblir- de séparer les établissements.

Pourquoi voudrait-on qu’on affaiblisse d’un côté les banques de dépôt en créant des banques d’investissement qui seraient potentiellement risquées ? J’ai préféré, et je l’assume, la séparation des activités. On me reprochera de ne pas être dans le purisme, mais ce que je veux, c’est réformer en profondeur et non pas agir par dogmatisme ou par idéologie."

"Qu'on soit ferme !"

Le débat parlementaire autour de cette réforme, que certains à gauche jugent trop tendre, sera un vrai test pour le locataire de Bercy. Mais il explique l’aborder en toute sérénité: "Je suis tout à fait ouvert à des amendements. Il y a des sujets sur lesquels des débats me paraissent légitimes."

Il a ainsi énuméré quelques points sensibles: les "rémunérations des traders qui ont tant choqué les Français, la lutte contre les paradis fiscaux", ou encore "le trading à haute fréquence"

"Il y a une architecture, une philosophie, fondée sur le triptique moralisation-protection-pragmatisme. Je ne veux pas qu’on change de modèle. Donc oui, il peut y avoir des amendements, et j’aborderai ce débat avec une grande ouverture d’esprit, pour faire en sorte que dès lors qu’on respecte cet équilibre, on avance."

Avant de conclure, offensif: "Qu’on soit ferme! Je ne suis pas quelqu’un qui suis dans la main du lobby bancaire, je ne suis pas le copain des banquiers. Je suis un ministre de gauche qui applique des engagements, mais qui le fait avec le souci de l’intérêt général de la France, qui est aussi de garder des banques performantes."

Yann Duvert