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Pierre Gattaz: "70% des entrepreneurs ont peur d'embaucher"

La priorité pour Pierre Gattaz est de restaurer la confiance des entreprises

La priorité pour Pierre Gattaz est de restaurer la confiance des entreprises - BFM Business

Le président du Medef était l'invité de BFM Business ce lundi 27 avril. Revenant sur les mauvais chiffres du chômage, il a affirmé que l'enjeu est avant tout de guérir la peur de l'embauche chez les entrepreneurs.

Encore une fois au mois de mars, les chiffres de l'emploi ont été mauvais. 15.4000 personnes sont ainsi venues grossir les rangs de Pôle Emploi en catégorie A, selon les chiffres officiels, publiés ce lundi 27 avril. Pour le président du Medef, Pierre Gattaz, invité de BFM Business ce même jour, il s'agit évidemment "d'une très mauvaise nouvelle".

"Mais il faut continuer les réformes, accélérer, et regarder la peur des entrepreneurs d'embaucher", a-t-il poursuivi citant un sondage que le Medef publiera mardi matin.

Faire baisser le chômage, "une obsession"

Dans ce document "70% des entrepreneurs que nous avons consultés sur un panel de 1.000 personnes nous disent qu'ils ont peur d'embaucher en France". Une peur qui, révèle-t-il, s'explique par trois facteurs principaux. D'abord "la rigidité du contrat du travail", ensuite le "coût du travail" et enfin "le manque de visibilité".

"Tant qu'on ne réglera pas ce problème là on continuera d'avoir un chômage qui restera à ce niveau-là ou qui se dégradera. Il faut régler ce problème de la peur d'embaucher en France", a insisté Pierre Gattaz.

Il en conclut ainsi que pour permettre à l'emploi de repartir, il faut remettre le curseur sur la confiance accordée aux entreprises. Il a ainsi rappelé que son obsession est "de créer un million d'emplois sous cinq ans et de faire baisser le chômage de 10,2% à 8,2%".

"Tous les grands pays l'on fait en faisant confiance aux entrepreneurs", a-t-il assuré. "Quand vous avez un problème de plomberie vous appelez un plombier quand vous avez un problème d'emploi vous appelez les professionnels de l'emploi: les entrepreneurs", a-t-il fait valoir.

Macron et Valls des nominations de "pragmatisme économique"

D'où la nécessité de "pousser à la confiance" des entreprises qui est "un élément essentiel qui manque aujourd'hui" car "les entrepreneurs sont dans la méfiance". Il a cité à ce titre le compte pénibilité "qui nous a été imposé en 2014 et qui risque de remettre un stress maximum sur les entrepreneurs en juin-juillet".

"Attention à ces mesures antiéconomiques et anxiogènes", a-t-il mis en garde.

Pierre Gattaz ne donne toutefois pas que des mauvais points à l'exécutif. Il considère ainsi que le "pacte de responsabilité a marqué un tournant" dans la relation entre le patronat et l'exécutif et que les "nominations de Manuel Valls et d'Emmanuel Macron, c'est du pragmatisme économique, c'est salué dans le monde entier".

Il appelle désormais le gouvernement à s'attaquer à "trois chiffons rouges": "continuer la baisse de la fiscalité et des charges, regarder le problème du marché du travail et simplifier l'environnement".

J.M.