BFM Business

Les emplois saisonniers raflés par les chômeurs

De plus en plus, des chômeurs postulent à des emplois saisonniers pour mettre fin au moins temporairement à leur inactivité.

De plus en plus, des chômeurs postulent à des emplois saisonniers pour mettre fin au moins temporairement à leur inactivité. - -

Depuis 25 mois, le taux de chômage ne fait qu'augmenter. En parallèle, de plus en plus de chômeurs postulent à des offres de jobs d'été, faisant sensiblement augmenter la moyenne d'âge des saisonniers.

Si les chiffres du chômage de juin, attendu pour ce mercredi 24 juillet, augmentent encore, ce sera son 26ème mois consécutif de hausse. Plus le taux de chômage grimpe, plus les demandeurs d'emploi se tournent vers des emplois saisonniers.

Christian Gilquin dirige le Pôle d’Echange, de Ressources et d’Information sur la Pluriactivité et la Saisonnalité (Peripl). Depuis l'été 2012, il note que les quadragénaires et quinquagénaires, "ne trouvant pas d'emploi classique, se tournent vers l'emploi saisonnier", dans l'hôtellerie et la restauration, les campings, et même les exploitations agricoles. Un moyen de mettre fin, au moins temporairement, à leur inactivité.

Des candidats entre 25 et 45 ans

Mais il est difficile de chiffrer le phénomène, explique-t-il. Notamment parce que le champ de l'emploi saisonnier est vague. Outre les traditionnels recrutements dans le tourisme ou l'agriculture, que Peripl estime à environ 800.000 postes par an, il y a l'emploi saisonnier "induit". Dans les mairies des villes touristiques par exemple, où des agents de sécurité et de voierie supplémentaires sont nécessaires. Ou dans les supermarchés de ces localités dont la clientèle augmente pour deux mois.

Le phénomène est rendu tangible par les témoignages des antennes locales de Pôle emploi, des missions locales et des structures qui gèrent les saisonniers. La maison de la saisonnalité de Pyrénées Roussillon par exemple, confirme recevoir énormément de candidatures de demandeurs d'emplois, ou de personnes au RSA. Dans cette zone, en cet été 2013, les postulants sont en majorité âgés de 25 à 45 ans.

Les seniors plus demandés que les juniors

Conséquence: les lycéens et étudiants, traditionnellement friands de ces expériences, se plaignent de cette nouvelle concurrence. D'autant que les employeurs de l'été favorisent l'emploi de personnes plus âgées, "généralement dotées de compétences que ne possèdent pas les juniors", reconnaît Christian Gilquin.

Reste que si cette tendance fait baisser, en valeur absolue, le nombre de demandeurs d'emploi, elle ne se traduira pas par le retournement de la courbe du chômage qu'attend le gouvernement. Les chiffres mensuels que délivre le ministère du Travail sont corrigés des variations saisonnières.

Nina Godart