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Les emplois d'avenir atteignent-ils leurs objectifs?

Les contrats d'avenir ne respectent pas leurs objectifs géographiques

Les contrats d'avenir ne respectent pas leurs objectifs géographiques - -

Les chiffres du chômage seront dévoilés ce jeudi 28 novembre. Déjà, François Hollande a annoncé que 86.000 contrats d'avenir étaient signés à ce jour. Mais le sont-ils par les jeunes à qui ils étaient destinés?

86.000 contrats d'avenir ont déjà été signés, et l'objectif d'en signer 100.000 avant la fin de l'année est à portée de main. C'est ce qu'a déclaré François Hollande, ce jeudi 28 novembre, quelques heures avant la publication des chiffres du chômage pour octobre. Mais les grands principes de ces emplois aidés sont-ils correctement appliqués?

Des chiffres transmis par les services du ministère du Travail ce jeudi, et un rapport parlementaire paru sur le sujet début septembre apportent quelques éclaircissements. Bilan point par point.

La règle: les contrats sont destinés aux jeunes de 16 à 25 ans qui ne parviennent pas à accéder à un premier poste, notamment parce qu'ils sont trop peu diplômés.

Les faits: Au 30 octobre, 84% des jeunes en emplois d’avenir n’ont pas le baccalauréat, et plus de 42% n’ont aucun diplôme. Reste que l’objectif de ciblage sur les jeunes moins qualifiés était mieux respecté au 31 août, puisque 86,4 % des jeunes employés n'étaient pas titulaires du baccalauréat.

La règle: les régions à qui s'adresse le dispositif, et qui du coup touchent une enveloppe plus importante, sont les Zones urbaines sensibles (30% de l’enveloppe totale), puis les zones de revitalisation rurale, c'est-à-dire les campagnes à faible densité, et l’Outre-mer.

Les faits: début septembre, les régions les plus avancées dans l'objectif étaient les moins denses: les seules à avoir atteint 50% de l'objectif fixé sont celles dont la densité est inférieure à 400 habitants au kilomètre carré.

En tête, Midi-Pyrénées (80,7%), la Haute-Normandie (75,1%) et la Bretagne (71,8%). A la traîne: l'Outre-mer (36%), pourtant prioritaire, et l'Ile-de-France (39,7), au sein de laquelle vivent la majorité des habitants de ZUS. Seuls 17,5% des jeunes en contrats d'avenir viennent de ces quartiers difficiles.

Les auteurs du rapport regrettent justement que les régions où les objectifs de contrats d'avenir étaient les plus élevés soient celles qui sont le plus loin de leur objectif.

Toutefois, selon le ministère du Travail, au 30 octobre, "plus d’un tiers des jeunes en contrats d'avenir résident en zones prioritaires, et plus de 17% dans les ZUS, ce dernier taux étant en augmentation constante".

La règle: les contrats d'avenir doivent être à temps-plein, prioritairement en CDI. Le recours au CDD est admis, mais pour trois ans minimum, ou en tout cas pour plus d'un an.

Les faits: c'est le principe le mieux respecté. En termes de temps de travail, l'objectif est atteint: 91,4% des contrats sont des temps-pleins.

Au 31 août, le secteur marchand, pourtant non prioritaire pour le développement de ces contrats aidés, respectait mieux la règle du jeu que le non-marchand. 65,2 % des jeunes qu'il embauchait l'étaient en CDI, contre seulement… 4,2% pour le non-marchand.

Il faut dire qu'une grande partie des acteurs qui composent le secteur-non marchand ne peut tout simplement pas embaucher. C'est le cas pour les collectivités territoriales et les établissements publics. Ils proposent donc des CDD, en respectant scrupuleusement les préconisations du gouvernement: au 31 août, la moitié des jeunes en contrats d'avenir dans le secteur non-marchand a signé un CDD de trois ans.

Des proportions qui n'ont pas beaucoup évolué depuis, puisqu'au 30 octobre, 55% des contrats d'avenir étaient des contrats longs (CDD de 3 ans ou CDI), et deux tiers des jeunes étaient recrutés en CDI dans le secteur marchand. Neuf jeunes sur dix travaillent à temps plein.

Nina Godart