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Les arguments d’ArcelorMittal face à François Hollande

Lakshmi Mittal sera reçu en fin de journée par l'Elysée

Lakshmi Mittal sera reçu en fin de journée par l'Elysée - -

François Hollande reçoit Lakshmi Mittal ce mardi 27 novembre, alors que le cas de l'usine de Florange attise les tensions. L'industriel indien, lui, a des arguments à faire valoir. Explications. Reportage Vidéo: Frédéric de Lanouvelle

L'Etat n'a plus que quelques jours pour trouver un repreneur. Et c'est un véritable bras de fer que se livrent le gouvernement et la direction du sidérurgiste, le ministre Arnaud Montebourg agitant la menace d'une nationalisation temporaire.

Mais ArcelorMittal ne viendra pas les mains vides ce soir dans le bureau de François Hollande. L’entreprise aura des arguments pour se défendre.

Pour les comprendre, il faut revenir un peu en arrière, car la situation des hauts-fourneaux de Florange est problématique depuis plusieurs années. En cause notamment, une filière de l'acier en Europe qui est en surcapacité de production. Une surcapacité évaluée à près de 20%.

En face,la demande ne cesse de baisser. Les gros secteurs consommateurs d'acier que sont l'automobile et la construction vont mal et à court-terme, la situation n'a pas de raison de s'améliorer. D'ailleurs, Arcelor-Mittal a mis à l'arrêt onze hauts-fourneaux sur les 25 qu'il possède en Europe.

En revanche Arcelor est encore intéressé par la transformation de l'acier. Cette activité est rentable, et représente une valeur ajoutée dont le groupe ne veut pas se défaire.

Autre argument pour Arcelor : toutes ses usines sont inter-dépendantes. Une partie de celle de Florange sert aujourd'hui à traiter l'acier produit à Dunkerque par exemple. Il n’est donc pas question pour le groupe de céder la totalité du site, comme l’exige le gouvernement français.

François Hollande devrait jouer la carte de la diplomatie

Dans ces conditions, François Hollande devrait d'abord essayer de rassurer l'homme d'affaire indien et tenter de calmer le jeu pour amorcer une négociation moins frontale.

Après les déclarations d'Arnaud Montebourg dénonçant les méthodes des sidérurgistes en France, le chef de l'Etat va donc devoir sortir la carte de la diplomatie.

Il ne faut pas oublier qu'Arcelor emploie 20 000 personnes en France, ce que Lakshmi Mittal a bien rappelé à Arnaud Montebourg.

La question est aussi de savoir si François Hollande va reprendre l'idée d'une nationalisation temporaire du site de Florange.

En tous cas, le cœur du problème, aujourd'hui, est bien de savoir si Mittal pourrait faire une concession sur la partie rentable de Florange, sachant que le gouvernement assure que deux repreneurs potentiels se sont fait connaître.

Alors nationalisation, cession partielle ou cession totale ? Ce sont, en tout cas, les trois scénarios que devraient être étudiés de près et négociés par le président français et la direction d'ArcelorMittal.

Isabelle Gollentz