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Le Medef et la police s'allient aux entreprises contre les escroqueries

Le Medef informera la police judiciaire des infractions dont il aura connaissance.

Le Medef informera la police judiciaire des infractions dont il aura connaissance. - Eric Piermont - AFP

L'organisation patronale va signer ce 7 janvier un partenariat avec la police judiciaire pour lutter contre les escroqueries massives perpétrées par des criminels utilisant les nouvelles technologies.

C'est une alliance peu commune. Le Medef et la police judiciaire vont sceller, mercredi 7 janvier, un partenariat pour lutter contre les escroqueries massives visant les sociétés françaises. L'organisation patronale l'a ainsi annoncé dans un communiqué ce 5 janvier.

Ce partenariat concerne les escroqueries menées par des groupes criminels internationaux maîtrisant parfaitement les nouvelles technologies et les transactions financières internationales. Grandes, petites et moyennes entreprises sont en effet victimes de ces infractions en pleine expansion. Dernièrement, le groupe Michelin en a notamment fait les frais.

Sensibilisation des entreprises

L'une de ces escroqueries consiste par exemple à exiger en urgence auprès d'un membre du service comptabilité un virement à l'étranger en se faisant passer pour le président de l'entreprise et en prétextant un déplacement de dernière minute ou une fusion acquisition imminente.

Il s'agira de sensibiliser les entreprises et d'échanger régulièrement des informations entre adhérents du Medef (organisations territoriales et fédérations professionnelles) et services territoriaux de la police judiciaire, expliquent l'organisation patronale et la police dans le communiqué.

"Le Medef informera la police judiciaire de toute infraction dont il pourra avoir connaissance et incitera ses adhérents à en faire autant. Il informera, sensibilisera et mobilisera ses adhérents afin d'assurer les contacts avec les services territoriaux de police judiciaire de leur ressort", expliquent-elles.

"La police judiciaire, quant à elle, pourra informer les entreprises sur les menaces émergentes, mener des actions de prévention, d'information et de sensibilisation et fournir conseils et assistance dans les démarches judiciaires à mettre en oeuvre en cas de fraudes ou d'escroqueries avérées", poursuivent-elles.

360 entreprises victimes depuis 2010

Entre 2010, l'année où le phénomène des faux ordres de virement est apparu, et 2013, 700 faits ont été recensés en France. Soit 360 entreprises et un préjudice global de 300 millions d'euros, selon la direction centrale de la police judiciaire.

Les escrocs s'appuient sur trois scénarios récurrents: le faux président, le faux technicien spécialiste des virements bancaires (SEPA) et le faux bailleur. Ils ciblent une victime dans l'entreprise, souvent au sein d'une filiale où les employés ne connaissent pas personnellement les patrons. Ils s'associent avec la mafia chinoise et les fonds, qui transitent souvent par des comptes de rebond dans des pays comme la Slovénie, la Pologne ou Chypre, et ont pour destination la Chine. L'argent est ensuite acheminé en France et réinvesti dans des biens immobiliers, avait expliqué en juillet Jean-Marc Souvira, chef de l'Office central pour la répression de la grande délinquance financière (OCRGDF)

J.M. avec AFP