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La tension monte autour de la future "loi Florange"

La loi sur la cession des sites rentables fera l'objet d'amendements du Front de gauche au Parlement.

La loi sur la cession des sites rentables fera l'objet d'amendements du Front de gauche au Parlement. - -

Le projet de loi sur la cession des sites rentables, présenté mardi 30 avril à l'Assemblée par le PS, ne satisfait ni le Front de gauche, ni le Medef. Une situation que le gouvernement Ayrault commence à connaître après l'accord sur l'emploi.

Si les critiques pleuvent sur François Hollande, on ne pourra sûrement pas lui reprocher de vouloir contenter tout le monde. Cette semaine encore, le chef de l’Etat a soufflé le chaud et le froid.

D’abord avec les chefs d'entreprises, lundi 29 avril. Reçus à l’Elysée, ces derniers en sont sortis satisfaits par les promesses d’une fiscalité plus douce et de mesures en faveur de l’investissement.

Le lendemain, c’est à son aile gauche que le président s’est adressé, par le biais des députés socialistes. La fameuse "loi Florange" sur la reprise des sites rentables a ainsi été présentée à l’Assemblée.

Mais en se posant en adepte du compromis, François Hollande ne se facilite pas la tâche. Car à l’instar de l’accord sur l’emploi ou du Budget 2013, chacun défend son pré carré jusqu’au bout.

Une "initiative très malheureuse" pour le Medef

Ce devrait encore être le cas avec la "loi Florange". Ce Mercredi 1er mai, Pierre Laurent a d’ores et déjà prévenu sur France info : "nous allons déposer des amendements parce qu'elle (la loi) nous paraît insuffisante".

Le sénateur et patron des communistes français critique ainsi un projet jugé trop tendre avec les entreprises. "On avait parlé d'obligation de cession des sites notamment pour les salariés, or il semble qu'on soit dans un mécanisme très peu contraignant en vérité", selon lui. Des déclarations qui rappellent étrangement celles précédant la présentation au Parlement de l’accord du 11 janvier.

Le Medef, de son côté, a toujours déploré une initiative "très malheureuse", et ne manquera pas de mettre la pression sur le gouvernement avec, sans doute, l’appui des parlementaires de l’opposition.

La première salve a d’ailleurs été tirée par Jean-louis Borloo, qui considère que "ce n'est pas à coups d'amendes, quels que soient leurs montants, que la majorité pourra stopper notre perte de compétitivité".

En clair, tiraillé entre son aile gauche qu’il tient à ménager, et une droite aux aguets, l’exécutif se retrouve face à un choix compliqué. Ce genre de situation se mutiplient singulièrement.

Yann Duvert