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La SNCM obtient une rallonge de Transdev

La SNCM reste temporairement à flot grâce à l'octroi de 13 millions d'euros par Transdev.

La SNCM reste temporairement à flot grâce à l'octroi de 13 millions d'euros par Transdev. - -

L'actionnaire majoritaire de la compagnie maritime exsangue va lui verser 13 milliards d'euros. De quoi verser les salaires des mois à venir, mais pas suffisant pour la maintenir à flot à long terme.

La direction de Transdev, l'actionnaire majoritaire de la Société nationale Corse Méditerranée (SNCM), a décidé à l'issue de son conseil d'administration du 18 décembre de lui octroyer une bouffée d'air. 13 milliards d'euros vont être accordés à la compagnie maritime sur le point de couler, sous forme d'avance sur trésorerie.

Cette somme devrait lui permettre de "faire face à ses échéances de trésorerie à court terme", peut-on lire dans le communiqué. Notamment le versement des salaires à ses 2.600 salariés et autres frais en attendant le "recouvrement des sommes dues à la SNCF par des tiers".

Transdev respecte ainsi son engagement pris en juin dernier de verser 30 milliards d'euros à la compagnie. Et ceux "en dépit des éléments nouveaux intervenus depuis cette date, qui dégradent les perspectives de redressement de la SNCM", indique l'actionnaire.

Plus aucun soutien financier

Il fait référence à l'arrêt des versements par la Collectivité territoriale de Corse de ses versements à la SNCM au titre du service complémentaire, des aides ayant été jugées illégales par Bruxelles. Donc non seulement la compagnie ne les touche plus, mais elle doit les rembourser à hauteur de 440 millions d'euros. Un dossier qui fait l'objet d'un bras-de-fer entre la France et la Commission européenne.

Transdev, détenu par Veolia Environnement et la Caisse des dépôts, prévient néanmoins qu'"aucun autre soutien financier ne pourra être apporté à la SNCM". Elle devra désormais compter sur l'Etat, actionnaire du groupe à hauteur de 25%, ou sur d'éventuels nouveaux actionnaires.

Deux fonds d'investissements seraient justement sur les rangs pour entrer à son capital. Mais ils posent comme condition préalable le règlement du différend avec la justice européenne sur le remboursement des aides publiques.

La compagnie est aujourd'hui au bord du dépôt de bilan. Ses pertes se sont élevées à 13 millions d'euros en 2012, et elles pourraient atteindre 40 millions en 2013.

N.G.