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La grève contre les délocalisations d'Engie très suivie selon les syndicats

Les salariés d'Engie manifestent ce mardi contre l'externalisation des services clients.

Les salariés d'Engie manifestent ce mardi contre l'externalisation des services clients. - ERIC PIERMONT - AFP

Chez l'ex-GDF Suez, la grève dans les services clients contre les délocalisations des activités clientèle semble bien suivie ce mardi. Selon les syndicats, le taux de grévistes dépasse les 50% et atteint 100% sur certains sites.

Le mouvement de grève dans les services clients d'Engie, lancé à l'appel de l'intersyndicale CFDT, CFTC, CGT, CFE-CGC et EeFO pour protester contre la délocalisation des activités clientèle et "défendre l'emploi en France", semblait bien suivi mardi, selon de premières remontées syndicales.

"Il y a une forte participation, avec un taux de grévistes de 90%" sur le site de Toulouse et de "100% à Orléans", a dit Patricia Chastan (CFE-CGC). Selon Pascal Picard (CFDT), le taux de grévistes était également de "100% sur les sites de Quimper et La Baule, 70% à Montpellier et d'environ 50% à Bagneux", en région parisienne. La participation dans les autres sites (Dunkerque, Montigny-lès-Metz, Villeurbanne, Annecy...) n'était pas encore connue.

Le groupe énergétique a indiqué qu'il disposerait des chiffres en début d'après-midi. L'intersyndicale dénonce "l'offshorisation des emplois" et accuse l'État, actionnaire de référence du groupe énergétique, de "cautionner" les choses "par son inaction".

Plus de 20% de l'activité externalisée

L'activité service client du groupe est déjà "externalisée à 80%", majoritairement encore à des prestataires (centres d'appel) en France, a expliqué Patricia Chastan. Mais Engie veut "intensifier" la délocalisation à l'étranger de ces services, pour passer de 20% à "30%" à la fin de l'année, a-t-elle ajouté.

En mai, la CGT s'était indignée que "plus de 20% de l'activité externalisée" soit "désormais délocalisée à l'étranger". Le syndicat avait cité le Maroc, l'Ile Maurice et le Portugal. Selon l'intersyndicale, des activités vont désormais être délocalisées vers "le Cameroun et le Sénégal".

Engie explique de son côté avoir "lancé en 2016 avec ses prestataires une expérimentation consistant à réaliser certaines activités de relation clientèle (...) hors de France, et l'a pérennisée au vu des bons résultats". "Cette démarche vise à répondre à la nécessité de l'entreprise de réduire ses coûts", a ajouté le groupe, en soulignant que les postes concernés n'étaient pas "ceux de salariés Engie".

À Toulouse, une quarantaine de salariés se sont rassemblés devant le site, avec des pancartes proclamant "Non à la délocalisation de nos emplois !". "On est réuni depuis 8H00. Les salariés s'inscrivent dans une action qui dure", s'est félicitée Patricia Chastan. "Notre revendication, c'est de défendre l'emploi en France". En interne, environ 1200 salariés travaillent dans les centres de relations clientèle, a précisé la CFE-CGC.

N.G. avec AFP