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François Chérèque : " La flexibilité du travail existe déjà en France"

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Invité, mercredi 26 septembre, de BFMTV et RMC, le secrétaire général sortant de la CFDT a affirmé que la France "n'était pas adaptée à la mondialisation" tout en estimant que la flexibilité du travail existait déjà dans notre pays.

C'est un François Chérèque très remonté contre les patrons qui s'est exprimé ce matin sur BFMTV et RMC. Oui, " la France n'est pas adaptée à la mondialisation", a reconnu le patron de la CFDT qui quittera ses fonctions le 28 novembre. Mais il a aussi affirmé que le coût trop élevé du travail n'était pas le seul handicap hexagonal comme voudrait le faire croire le patronat.

Tout comme l'ancien patron de Saint Gobain, Jean-Louis Beffa, lundi soir sur BFM Business, François Chérèque a pointé du doigt les choix stratégiques des entreprises françaises. "Nous avons un tissus productif qui n'est pas assez efficace".

Il a également mis en cause le manque d'anticipation de certains groupes, comme Arcelor, PSA ou Sanofi, qui aboutit à des suppressions d'emplois. Pour lui, d'ailleurs, "la hausse du chômage n'est pas inéluctable" puisque "d'autres pays d'Europe du nord ont de meilleurs résultats" en la matière.

Développer le chômage partiel

Concernant le dossier brûlant de l'adaptation du droit du travail en fonction des difficultés des entreprises, François Chérèque a affirmé que la "flexibilité du travail existait déjà en France". A preuve selon lui : c'est dans notre pays qu'il y a eu le plus de suppression d'emplois depuis le début de la crise économique.

Le patron de la CFDT s'est tout de même déclaré favorable au recours accru au chômage partiel, comme en Allemagne, ainsi qu'à la mise en formation des salariés en période de baisse de production.
Il a également soutenu les accords de sauvegarde de l'emploi intégrant une baisse du temps de travail et/ou une modération salariale en cas de difficultés économiques, comme en Allemagne. Mais à condition que ces accords soient mieux encadrés qu'aujourd'hui.

Pas de loi contre les "licenciements boursiers"

En revanche, François Chérèque reste hostile au vote d'une loi contre les "licenciements boursiers" réclamée par certains socialistes et par la CGT. "C'est généreux mais inéfficace car la loi serait détournée", affirme-t-il. Les entreprises feraient davantage sous-traiter leurs productions pour échapper à la loi. Ce qui se traduirait pas une précarité accrue des salariés dans les entreprises sous-traitantes.

Enfin, François Chérèque s'est déclaré favorable à une taxation accrue des CDD en fonction de la durée du contrat. Michel Sapin, le ministre du Travail, avait pris une position identique, le 14 septembre, sur BFMTV et RMC.

Mas il conteste la mise en place d'un contrat de travail unique : plus les salariés seraient anciens dans l'entreprise, plus ils auraient de garanties, ce qui ne changerait pas grand chose avec la situation actuelle, explique-il.

Patrick Coquidé