BFM Business

Conflit des routiers: échec des négociations

Les routiers veulent une hausse de 5% des salaires.

Les routiers veulent une hausse de 5% des salaires. - Jeff Pachoud - AFP

Les négociations salariales se sont conclues sur "un constat d'échec". Pour l'instant, aucune nouvelle séance n'est prévue.

Le conflit des routiers va perdurer. Les négociations salariales entre le patronat et les routiers se sont conclues ce mardi 20 janvier "sur un constat d'échec", a indiqué à l'AFP la fédération patronale FNTR. La CFDT ayant pour sa part "claqué la porte" en signe de protestation.

"Aucune nouvelle séance de négociation annuelle obligatoire n'est prévue" à l'heure actuelle, a ajouté Nicolas Paulissen, délégué général de la Fédération nationale des transports routiers. L'intersyndicale (CGT, FO, CFTC et CFE-CGC), à l'origine de la grève en cours depuis dimanche soir pour obtenir une augmentation de 5% des salaires, ne souhaitait pas s'exprimer dans l'immédiat.

Les chambres patronales du transport routier de marchandises ont déposé sur la table des négociations une "proposition améliorée" par rapport à la précédente séance de négociations annuelles obligatoires (NAO), qui s'était soldée en décembre par un échec.

Hausse de 2% pour les salaires les plus bas

Loin des revendications syndicales (5% d'augmentation pour tous), les chambres patronales proposent une augmentation de 2% pour les salaires les plus bas de la convention collective, et de 1% pour les cadres et agents de maîtrise.

Cela revient à "ramener le coefficient le plus bas à un centime au-dessus du Smic" horaire brut, fixé à 9,61 euros en 2015, précise Patrice Clos (FO), pour qui "on est loin du compte".

En 2014, un seul des quatre coefficients en vigueur dans le transport routier - celui des salariés les plus qualifiés - dépassait le Smic (9,53 euros bruts par heure).

Multiplication des barrages filtrants

La précédente négociation annuelle obligatoire (NAO), il y a un mois et demi, avait déjà échoué. "L'intersyndicale va se réunir pour savoir quelle suite donner à l'échec des négociations", a déclaré Patrice Clos, qui n'a pas exclu une reprise de la mobilisation des routiers ou une nouvelle date en vue de la reprise des discussions.

Pour peser sur les discussions, l'intersyndicale CGT, FO, CFTC et CFE-CGC a multiplié lundi les barrages filtrants et les blocages de sites industriels, de dépôts pétroliers et de centrales d'achat, avant d'interrompre les actions en fin de journée.

Mais dès mardi matin, de nouveaux barrages avaient été dressés en Ile-et-Vilaine, dans le Calvados, dans le Pas-de-Calais, en Gironde, et dans les Bouches-de-Rhône, selon le Centre national d'informations routières. Après la zone d'activité de Cestas au sud de Bordeaux lundi, une cinquantaine de routiers avaient bloqué mardi matin les accès et les sorties des poids lourds de l'importante zone de fret de Bruges.

D. L. avec agences