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Claude Bébéar: "L'argent des emplois d'avenir est mal utilisé"

Claude Bébéa, président d'honneur du groupe Axa et président de l'Institut Montaigne, était l'invité d'Hedwige Chevrillon ce mardi 28 mai

Claude Bébéa, président d'honneur du groupe Axa et président de l'Institut Montaigne, était l'invité d'Hedwige Chevrillon ce mardi 28 mai - -

Le président d'honneur du groupe Axa et président de l'Institut Montaigne était l'invité de BFM Business ce mardi 28 juin. Il y a réagi à l'actualité des chefs d'entreprise, entre emplois d'avenir et élection au Medef.

"La France est malade au plan psychologique". C'est le constat de Claude Bébéar, figure du capitalisme et président d'honneur du groupe Axa et président de l'Institut Montaigne. Sur BFM Business, ce mardi 28 mai, il estime que les "entreprises sont assommées par les augmentations fiscales, la gauche déçue par ce qui est fait". En somme, "les Français sont mal dans leur peau" regrette-t-il.

Il n'y a toutefois pas lieu de sombrer dans le pessimisme. Les inflexions de discours du gouvernement vont finir par porter leurs fruits, même si "réparer les dégâts sur le plan psychologique va être difficile".

Mettre des fonds dans l'apprentissage

Un premier pas est fait, alors que les ministres du Travail et de l'Economie, Michel Sapin et Pierre Moscovici, et leurs homologues allemands, se rencontrent à Paris pour présenter une initiative commune de soutien à l'emploi des jeunes en Europe. L'"initiative européenne pour la croissance et l'emploi" est destinée à 6 millions de jeunes sans formation ni travail. Pour Claude Bébéar, "cela affirme nettement que dans l'esprit des Allemands aussi, l'Europe, c'est d'abord le couple franco-allemand".

Mais, note Claude Bébéar, "le chômage des jeunes était de 18% en France en 2008, il est de 27% aujourd'hui". Par comparaison, en Allemagne, c'est 8,5%. Pour lui, c'est à l'Etat de les aider à embaucher des jeunes, grâce à des incitations pécuniaires. L'argent pour les emplois d'avenir, est selon lui "mal utilisé puisqu'il ne donne aucune formation aux jeunes". Pour Claude Bébéar, c'est dans l'apprentissage qu'il faut mettre des fonds.

Prudence quant au say on pay

Il rechigne toutefois à imputer un quelconque manque de responsabilité sociale aux patrons français. Sur leur rémunération en revanche, il reste très "prudent" sur la question de laisser les chefs d'entreprises s'autoréguler, même si l'idée lui paraît "intéressante". Il souligne qu'aujourd'hui, au sein des conseils d'administration, ce sont "les fonds d'investissement qui ont la majorité des droits de vote". "J'espère simplement qu'ils en profiteront pour être raisonnables", ajoute-t-il.

Claude Bébéar, anciennement membre de la fédération des assureurs, dit ne soutenir aucun candidat à la présidence du Medef. Toutefois, au nom de l'institut Montaigne, il dit souhaiter la candidature d'un "chef d'entreprise, un homme d'expérience". "Il ne faut pas qu'il ait de lien trop fort avec l'Etat qui serait, par exemple, son principal client", met en garde Claude Bébéar. Un message à l'adresse de Patrick Bernasconi, patron d'une PME familiale de BTP, relativement dépendant de la commande publique. Il faut absolument qu'il soit "capable de dialoguer ", qui soit à la fois "ouvert et ferme". Tout à fait le profil de Geoffroy Roux de Bézieux en somme...

N.G. et BFM Business