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Chômage des cadres : la dégressivité des indemnités repoussée

Muriel Pénicaud, ministre du Travail

Muriel Pénicaud, ministre du Travail - -

Le gouvernement a publié au Journal officiel un décret pour suspendre la dégressivité au bout de six mois des allocations chômage pour les revenus de plus de 4.500 euros brut. Elle devait initialement s'appliquer au 1er mai.

Toutes les réformes se mettent en pause pendant le confinement. Y compris celles qui devaient s'appliquer prochainement. Le gouvernement a ainsi acté, dans un décret publié mercredi au Journal officiel, la suspension de la dégressivité au bout de six mois des allocations chômage pour les revenus de plus de 4.500 euros brut. Mise en place le 1er novembre, cette mesure -qui concerne peu d'allocataires jusqu'à présent- devait commencer à s'appliquer le 1er mai.

Concrètement, ceux dont les droits ont été ouverts avant le 1er mars bénéficient d'un répit entre le 1er mars et une date qui reste à déterminer mais qui n'ira pas au-delà du 31 juillet. Pour les autres, la suspension durera à partir de l'ouverture des droits.

Une mesure "dogmatique" pour la CGC

La CFE-CGC, qui combat cette mesure de dégressivité depuis le début, s'est félicitée dans un communiqué. "Enfin, l’appel à la raison a été entendu par le gouvernement et la CFE-CGC ne peut que s’en réjouir", a écrit le syndicat des cadres, qui réclame désormais la suppression de cette dégressivité.

"Qui, dans ce contexte de crise économique hors norme, peut encore imaginer que la dégressivité sera une bonne mesure pour inciter les demandeurs d’emploi à retrouver un emploi?" alerte le syndicat. "C’est pourquoi la dégressivité, cette mesure dogmatique imaginée par certains dans un contexte de croissance et de faible taux de chômage pour les cadres, est une mesure qui doit appartenir au passé, à ce nouveau monde déjà mort."

Un taux de chômage à 3,8%

Lors de la présentation de la réforme de l'assurance chômage, le gouvernement avait choisi de ne pas toucher au plafond de 7.650 euros par mois mais de diminuer l'indemnisation des salariés qui ont un revenu supérieur à 4.500 euros brut par mois de 30% au 7ème mois. Avec un plancher en-deçà duquel l'indemnisation ne pourra pas baisser: 2.261 euros net par mois.

La ministre du Travail Muriel Pénicaud avait alors justifié cette mesure par le faible taux de chômage des cadres et salariés qualifiés qui était de 3,8% l'année dernière. "Hors c'est contre-intuitif", expliquait-elle, "mais plus le niveau d'indemnisation est élevé, plus la durée du chômage s'allonge." Autrement dit, il fallait changer les règles pour changer les comportements. Reste à savoir si les règles seront toujours valables après la crise...

Thomas Leroy