BFM Business

Chérèque : la hausse du chômage n'est "pas inéluctable"

François Chérèque, secrétaire général de la CFDT

François Chérèque, secrétaire général de la CFDT - -

François Chérèque, secrétaire général de la CFDT, était l'invité de Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV et RMC mercredi matin.

La hausse du chômage en France "n'est pas inéluctable", a estimé mercredi le secrétaire général de la CFDT François Chérèque, pour qui le "manque d'anticipation" dans les entreprises et "le manque de compétitivité" sont les deux gros défis à relever.

Si "le chômage de masse en France dure depuis plus de 30 ans", la hausse du nombre de demandeurs d'emploi "n'est pas inéluctable" car "on voit bien que d'autres pays qui sont dans des situations économiques aussi compliquées ont de meilleurs résultats", a déclaré François Chérèque sur RMC-BFMTV.

"Il y a un manque d'anticipation"

Pour le numéro 1 de la CFDT, qui passera la main fin novembre, "une des difficultés dans notre pays, c'est le manque d'anticipation" dans les entreprises, par un "dialogue" sur les stratégies et l'emploi entre la direction et les salariés, "l'exemple de Peugeot est malheureusement le plus fort".

"En France, on a besoin d'un ministre pour faire du dialogue dans les entreprises", s'est-il exclamé en prenant le cas "ubuesque" d'Arcelor, alors que le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg va "aller demain informer les salariés", "combler un vide de dialogue social".

Par ailleurs, a-t-il souligné, "le tissu productif (...) n'est pas assez efficace et compétitif dans la compétition internationale", "la France n'est pas adaptée à la mondialisation".

"Une concurrence internationale féroce"

Le leader de la CFDT s'est redit prêt à "regarder de façon objective" la question du coût du travail.

Dans "des secteurs professionnels soumis à une concurrence internationale féroce", "les charges sociales sont trop importantes", a-t-il dit. Mais "je refuse de dire que c'est un problème généralisé". "Le coût du travail n'est pas obligatoirement la seule raison du manque de compétitivité", a-t-il ajouté.

Plus souvent, "nous avons un manque de compétitivité parce que nous n'avons pas choisi les bonnes gammes dans l'industrie". "Certains pays européens arrivent mieux parce qu'ils ont choisi une qualité plus élevée" alors qu'avec sa "gamme intermédiaire", la France "se met en concurrence avec des pays moins développés (...) qui font les mêmes choses avec un coût du travail moins cher", affirme-t-il

>> François Chérèque : " La flexibilité du travail existe déjà en France"

BFMTV