BFM Business

CGT: deux jours décisifs pour la succession de Lepaon

Thierry Lepaon préside lui-même le groupe de travail chargé de lui trouver un successeur

Thierry Lepaon préside lui-même le groupe de travail chargé de lui trouver un successeur - Nicolas Tucat - AFP

La confédération syndicale se réunit lundi et mardi pour trouver un successeur à son leader démissionnaire. Mais la méthode employée, qui met Thierry Lepaon au centre du procédé, n'est pas sans provoquer des critiques.

C'est un leader déchu qui est aux premières loges dans le procédé qui doit permettre de lui trouver un successeur. Après avoir longtemps résisté, le secrétaire général de la CGT, Thierry Lepaon a finalement décidé de démissionner, mercredi 7 janvier, mettant ainsi fin à deux mois de polémiques.

Désormais, toute la question est de savoir qui prendra le relais à la tête de la confédération syndicale. Le sujet sera à l'ordre du jour au sein de plusieurs instances de la CGT, lundi et mardi.

Et la méthode utilisée pour trouver le successeur de Thierry Lepaon est loin de faire l'unanimité. La semaine dernière un "groupe de travail" a été constitué pour établir des propositions pour le poste de secrétaire général ainsi que pour le nom des neuf autres membres du bureau confédéral de la CGT. Problème:Thierry Lepaon lui-même supervise les travaux de ce groupe de travail.

Un vote périlleux

Ce qui ne manque pas de faire grincer des dents au sein de la confédération syndicale. "Beaucoup d'organisations de la CGT s'expriment sur l'illégitimité de ce groupe de sélection du fait de son pilotage par Thierry Lepaon", indique ainsi une source interne citée par l'AFP.

Si le groupe de travail présidé par Thierry Lepaon devrait voir ses propositions validées par la Commission exécutive (la direction élargie du syndicat) , lundi, il lui sera plus difficile de convaincre le lendemain le Comité confédéral national (CCN), le "parlement" de la CGT, seule instance à avoir le pouvoir d'élire une nouvelle direction, à une majorité des deux-tiers.

Et le CCN de la CGT est parfois imprévisible. En 2012, il avait rejeté la candidature de Nadine Prigent, présentée par Bernard Thibault pour lui succéder. Dans l'hypothèse où le "parlement" de la CGT ne parviendrait pas à s'accorder mardi sur le nom du successeur de Thierry Lepaon, la convocation d'un congrès extraordinaire deviendrait inévitable. Un scénario qui est "la hantise de l'équipe dirigeante", souligne une source à la CGT.

Philippe Martinez favori dans la course à la succession

Quant aux possibles noms pour succéder à Thierry Lepaon, l'un revient avec insistance: celui de Philippe Martinez. Ce quinquagénaire, numéro un de la Fédération de la métallurgie, est cité par plusieurs médias, dont le JDD et les Echos, comme le favori. Il fait d'ailleurs partie des quatre cadres qui épaulent Thierry Lepaon dans le choix de la nouvelle direction. Cet ancien de Renault Boulogne-Billancourt, "est partant pour être secrétaire général", indique d'ailleurs à l'AFP une source interne. Sa présence dans ce groupe de travail est destinée à "lui permettre de participer au choix des membres de son futur bureau", selon cette source.

Une autre option, moins probable, pourrait l'emporter, selon les Echos: la désignation d'un secrétaire général "de transition" en la personne de Frédéric Imbrecht, ex-numéro un de la fédération énergie. Il dirigerait alors le syndicat jusqu'au prochain congrès de 2016, après quoi Philippe Martinez prendrait le relais.

Julien Marion avec AFP