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Ces départements qui rachètent des entreprises

Arnaud Montebourg va acter le rachat d'une entreprise par le Conseil général de l'Eure, ce mercredi 23 janvier.

Arnaud Montebourg va acter le rachat d'une entreprise par le Conseil général de l'Eure, ce mercredi 23 janvier. - -

Arnaud Montebourg se rend dans l'Eure, ce mercredi 23 janvier, afin d'officialiser le rachat d'une papeterie par... le Conseil général. Un processus de "nationalisation" qui n'est finalement pas si rare.

C’est à une entreprise pas comme les autres que s’apprête à rendre visite Arnaud Montebourg, ce mercredi 23 janvier. La papèterie d’Alizay (Eure) va en effet être rachetée par le Conseil général, pour 22 millions d’euros. Le ministre du Redressement productif devrait officialiser le rachat lors de sa visite. Fermée depuis avril 2012, l’entreprise appartenait au Finlandais M-Real.

Ce rachat n’est que temporaire, puisque le département a déjà trouvé un acquéreur. Ou plutôt deux : la société Double A, papetier basé à Hong Kong, va acquérir un "ensemble immobilier et mobilier comprenant(…) notamment la machine à papier", pour 18 millions d’euros. Les quatre millions restants seront versés par l’Etablissement public foncier de Normandie (EPFN), qui se chargera d’effectuer certains travaux pour ensuite commercialiser le reste du site.

"Plusieurs centaines" de cas en France

Le rachat de la papeterie par le Conseil général, sorte de nationalisation à petite échelle, est un processus relativement méconnu, mais pas si rare. Récemment, l’acquisition par le Conseil général des Ardennes, du centre de formation du club de football local (Sedan), a fait parler de lui. Une intervention publique "afin de rassurer les créanciers du club sur sa pérennité et de préparer au mieux une reprise par de nouveaux acteurs", selon Benoît Huré, le président (UMP) du CG08.

En fait, d'autres cas sont à recenser en France. Et même "plusieurs centaines", selon Claudy Lebreton, le président de l’Association des départements de France (ADF). "C’est courant, cela se fait notamment pour des TPE", explique-t-il. "L’épisode de Florange (avec le débat sur une possible nationalisation, NDLR) a remis l’intervention publique au goût du jour, mais cela fait partie des solutions possibles."

Pour rappel, la passe d’armes à ce sujet entre Jean-Marc Ayrault et Arnaud Montebourg avait plongé ce dernier dans la tourmente, l’amenant presque à démissionner. De là à voir dans sa visite un symbole, il n’y a qu’un pas que, visiblement, ses services ne veulent pas franchir. "C’est un dossier comme les autres", indique-t-on simplement à son cabinet.

Yann Duvert