BFM Business

Cadres : la vitalité du marché du travail ne se dément pas

-

- - -

La demande reste toujours aussi forte, selon les derniers chiffres de l’Apec qui table sur plus de 280.000 recrutements cette année. Et certaines fonctions sont clairement en tension.

L’horizon reste dégagé pour l’emploi des cadres. Mieux, les recrutements seront dans la fourchette haute des prévisions cette année.

Selon les derniers chiffres de l’Apec, l’Agence pour l’emploi des cadres, « en juillet, au regard des différents indicateurs macroéconomiques des instituts de conjoncture (Insee, FMI, OCDE, Banque de France, Eurostat), nous pouvons confirmer (que) 280.600 recrutements seraient attendus en 2019 », soit une progression annuelle de 5% .

Le seuil des 300 000 pourrait même être atteint à l’horizon de la prévision, en 2021. Rappelons qu’en 2018, 266.400 recrutements ont été comptabilisés.

« À court terme, cette vitalité se traduit par un taux très élevé d’intention d’emploi des entreprises : 6 entreprises sur 10 envisagent de recruter au moins un cadre au cours du 3ème trimestre 2019, selon notre dernière note de conjoncture », ajoute le spécialiste.

La barre des 300.000 recrutements sera passée en 2021

« Ce haut niveau d’intentions formalise la bonne orientation du marché de l’emploi cadre, même si davantage d’entreprises déclarent percevoir une situation économique délicate et vouloir réduire leur volume de recrutements de cadres », peut-on lire, notamment dans les entreprises industrielles (intentions d’embauches à 61%) et de construction (59%).

Les intentions d’embauche au 3e trimestre sont au contraire orientées à la hausse dans le secteur de la banque-assurance (78%), dans l’ingénierie-R&D (85%) et dans l’informatique (89%)

Cette tendance est portée par une double dynamique. Conjoncturelle avec la bonne tenue de l’investissement couplée à une reprise des dépenses de consommation des ménages. Et structurelle : challengées par les transformations économiques, environnementales, numériques et organisationnelles qu’elles rencontrent, les entreprises ont un besoin accru de compétences cadres.

« En revanche, les départs à la retraite des cadres resteraient relativement stables à l’horizon de la prévision et ne joueraient donc pas un rôle décisif dans cette dynamique », précise l’Apec.

Le trio des fonctions les plus en tension demeure le même

Du côté des postes proposés au 3e trimestre, 43% concerne le commercial/vente, 42% la gestion, finance et administration, 34% les études et la R&D, 30% les services techniques et l’informatique. A 88% les recruteurs cherchent des profils ayant 5 à 10 ans d’expérience, 80% pour des pros ayant 1 à 5 ans d’expérience et seulement 44% des jeunes diplômés.

Revers de la médaille, pour certaines fonctions, les difficultés de recrutements sont élevées. « Notre enquête de tension révèle notamment en effet une baisse significative de candidatures par offres d’emploi (seulement 31 candidatures pour une offre d’emploi en 2018 contre 46 candidatures / offre 4 ans auparavant en 2014.) ».

Le trio des fonctions les plus en tension demeure le même : informatique (83 % contre 77 % un an plus tôt), études-R&D (77 % contre 72 %) et production industrielle-travaux et chantier (74 % contre 67 %).

En informatique, les postes web, sites et portails internet sont les plus délicats à pourvoir (86 %).

À l’opposé, les fonctions les plus épargnées par les difficultés de recrutements restent la communication-création (26 %) et les ressources humaines (44 %). Elles ont bénéficié d’un recul d’au moins 10 points de la part des recrutements jugés difficiles.

-
- © Apec
Olivier CHICHEPORTICHE