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Villeroy de Galhau: "les banques sont bien plus solides qu'en 2008"

François Villeroy de Galhau était l'invité de BFM Business ce mercredi

François Villeroy de Galhau était l'invité de BFM Business ce mercredi - BFM Business

Invité de BFM Business ce mercredi 10 février, le gouverneur de la Banque de France a tenu à rassurer sur de nombreux points. Tant sur la situation des banques françaises que sur la conjoncture ou sur la politique monétaire de la Banque centrale européenne.

Les inquiétudes des marchés sur les banques sont vives. Les principaux groupes bancaires français cotés en Bourse ont, en effet, perdu près de 25% de leur valeur sur le seul mois de janvier.

Des craintes que le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau a tenu à dissiper ce mercredi 10 février. "Oui, il y a des incertitudes mais non nous ne sommes pas en situation de récession et, non, la situation de 2016 n'est pas celle de 2008", a-t-il assuré, affirmant au passage que "les banques sont beaucoup plus solides qu'en 2008".

Les banques françaises plus prudentes

Il estime en ce sens que "les régulateurs on fait leur boulot", ajoutant que le ratio de solvabilité (fonds propres rapportés aux risques) a depuis 2007 été doublé passant de 6% à 12%. Soit "100 milliards d'euros de capital en plus dans les banques". De plus "en 2008 les liquidités posaient problème. Le marché interbancaire était bloqué. C'est le contraire aujourd'hui avec plus de 650 milliards d'euros de liquidités", fait valoir le gouverneur de la Banque de France.

François Villeroy de Galhau assure par ailleurs que les banques tricolores ne sont pas tant exposées que cela aux entreprises pétrolières, qui souffrent avec la chute des cours du baril. "Elles ont une approche plus prudente que la moyenne des banques et sont peu exposées sur les acteurs les plus endettées et donc les plus sensibles à la baisse des prix du pétrole".

Le gouverneur de la Banque de France s'est aussi voulu rassurant sur la conjoncture en répétant que "nous sommes loin d'une récession et donc il y a surréaction des marchés". Mais jusqu'à présent "la reprise n'est pas affectée par les turbulences boursières", a-t-il ajouté.

Aujourd'hui il n'y a pas de bulls financière

François Villeroy de Galhau a ensuite évoqué la politique monétaire de la Banque centrale européenne. En tout que gouverneur de la Banque de France, l'ancien directeur général délégué de BNP Paribas siège au conseil des gouverneurs de l'institution européenne. Il a logiquement défendu cette politique en affirmant que les instruments déployés par la BCE étaient "efficaces".

"Les mesures non conventionnelles utilisées depuis 2014 représentent un surcroît d'inflation de 0,5% en 2016 et de 0,3% l'an prochain", argue-t-il, reprenant des estimations déjà formulées par Mario Draghi.

François Villeroy de Galhau souligne toutefois bien que l'une des conditions pour que cette politique soit réellement efficace est "la surveillance des éventuels effets pervers de bulles pouvant tenir à cette politique monétaire. Nous y veillons et aujourd'hui il n'y a pas de bulle financière".

J.M.