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Benoît Cœuré: "Dans la zone euro, il n'y a pas de bulle"

Benoît Coeuré, membre du directoire de la banque centrale européenne, était l'invité d'Hedwige Chevrillon et de Guillaume Paul dans l'Heure H.

Benoît Coeuré, membre du directoire de la banque centrale européenne, était l'invité d'Hedwige Chevrillon et de Guillaume Paul dans l'Heure H. - BFM Business

Le Français, membre du directoire de la Banque centrale européenne, était invité de l'Heure H ce lundi 8 février. Il a assuré que si des inquiétudes économiques existaient, elles ne portaient en rien sur la zone euro.

La zone euro aurait tout pour aller bien si les incertitudes mondiales ne pesaient pas sur son économie. C'est en somme le message qu'a fait passer Benoît Coeuré, un des membres du directoire de la Banque centrale européenne, sur BFM Business ce lundi.

"Il y a une inquiétude mondiale qui ne concerne pas uniquement la zone euro. La zone euro ne fait pas partie du problème. Les questions, les anxiétés, pèsent sur les plus grands pays émergents, la Chine et les États-Unis", a estimé Benoît Coeuré.

Du coup, le rôle de la BCE consiste à "protéger la reprise en zone euro pour éviter qu'elle ne soit la victime de ces incertitudes mondiales. Ce n'est pas notre rôle d'être des magiciens. On essaie de faire notre boulot avec modestie". Le boulot, justement, "c'est de recréer de l'inflation qui soutienne la reprise dans la zone euro".

"On a besoin d'un France forte"

Mais l'institution ne peut pas tout: "on peut susciter une croissance de court terme puisque, les taux d'intérêt étant très bas, tout un tas de projets deviennent faciles à financer. Mais on ne peut pas susciter la croissance de long terme".

Il revient aux États d'agir. "Il faut des réformes qui donnent aux ménages envie de consommer et aux entreprises envie d'investir", estime le représentant de la BCE. Tout particulièrement en France, "le pays d'Europe où la croissance a le plus été révisée à la baisse", rappelle-t-il. Or "on a besoin d'une France forte compte tenu des enjeux auxquels l'Europe fait face aujourd'hui. Pas seulement économiques : les réfugiés, le terrorisme"… D'ailleurs à un an de l'échéance présidentielle, Benoît Coeuré espère que "que ce temps ne soit pas purement politique et soit utilisé pour faire des réformes".

"La BCE n'agit pas sous pression"

"Les pays qui ont fait des réformes ont plus de croissance et le chômage y baisse plus vite. En particulier dans les pays qui ont fait des réformes fortes et audacieuses du marché du travail", comme l'Italie et l'Espagne, souligne-t-il, en se défendant d'adopter un rôle politique qui viserait à dicter quelles réformes doivent être faites.

Benoît Coeuré s'est par ailleurs refusé à répondre sur les prochaines mesures que pourrait prendre la BCE, telle qu'un renforcement du quantitative easing. Il a juste martelé que "la BCE n'agit pas sous la pression des marchés". Ses gouverneurs se basent plutôt sur des "fondamentaux" comme "la croissance dans les pays émergents, la tendance de l'inflation dans la zone euro à moyen terme". Et que malgré l'introduction de liquidités sur les marchés par l'institution de Francfort, "dans la zone euro, il n'y a pas de bulle", pas plus sur l'obligataire qu'ailleurs.

N.G.